| Anathema - Eternity | ||
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| Auteur : Chom | Note : 10 / 10 | |
| Eternity, l’album d’Anathema qui inaugure le fabuleux triptyque contenant Alternative 4 et Judgement… Ce n’est donc pas une mince affaire que de juger ce disque. Je commencerai donc cette chronique par une mise au point sur le groupe. Anathema devient inclassable à partir d’Eternity. Parti des Trois Grand du Doom/Death, Anathema se met à nous livrer des albums remplis d’émotions et gorgés de beauté dès The Silent Enigma. Il est donc nécessaire d’appréhender le fait que cet album ne touche l’auditeur que s’il se sent en connexion avec les sentiments développés par le groupe. Premièrement, Eternity est un concept album. Toutes les chansons tournent autours de la mort, de la vie, … Mais même si ce concept paraît un peu vague, les pleurs des guitares et la douce voix mélancolique de Vincent Cavanagh vous rappelle à l’ordre et vous plonge en plein cœur de celui ci. Voici le premier point faible de l’album : il faut supporter une heure de tristesse à l’état pur. Peut étonnant pour un groupe qui sort de deux albums de Doom/Death. Musicalement, nous sommes en 1996, et Duncan Patterson fait encore parti du groupe. Le duo de compositeur qu’il forme avec Daniel Cavanagh nous livre ici certainement leur meilleure fournée. Je parlais plus haut des émotions dégagées par cet album… Elles sont simples, désespérément simple. La mélancolie pourrait toutes les résumés, mais dire cela serait expéditif. La voix de Vincent nous emmène dans un monde en noir et blanc où seules percent les plaintes des guitares et les brefs accès de colère du chanteur. L’album commence par Sentient, intro instrumental. On pourrait dire qu’elle porte en elle tout ce qui compose l’album, mais pourtant ce n’est que la première marche de la descente qu’offre Eternity. Angelica est sans doute le titre le plus célèbre de l’album. Il est également le plus « rock ». Vincent introduit sur cette piste son chant bien particulier. On pourrait dire que Vinnie ne maîtrisait pas encore le chant clair, vu que dès Alternative 4, le groupe retrouve un chant plus « conventionnel », cependant cette façon de rouler les ‘r’ et de chargée la voix d’émotion contenue donne toute sa profondeur à l’album. Le triptyque Eternity (part I, II, III) représente le summum de la visite abyssale. Suicide Veil est un cri final, une libération, à peut près l’équivalent du Goodbye Cruel World des Floyd sur The Wall. Le rapport entre ces deux groupes est d’ailleurs mis en avant par la reprise de Hope, écrite par Gilmour, où Vincent libère complètement son chant. Le voyage à la fois paradisiaque et suicidaire que nous offre Anathema se termine comme il avait commencé par Ascension, explosion de guitares ouvrant sur un final minimaliste au piano. La vie reprend son cours doucement… Il est donc difficile de relativiser le jugement de cet album, tant il est empli d’émotions contenues. Si vous succomber aux émotions mélancoliques d’Anathema, il a cependant de grandes chances pour que ce disque deviennent rapidement votre disque de chevet tant il semble être la mise en musique de la beauté froide de la tristesse. D’un autre côté, si vous êtes allergique aux mélodies légèrement gothiques, si pour vous la tristesse ne peut qu’apparaître dans un bon vieux Doom aux guitares saturées, ou tout simplement si les émotions décrites ci dessus ne vous affectent pas, alors il est possible qu’Eternity vous laisse de marbre. Quant à moi, j’ai fait mon choix. « If the truth hurts, prepare for pain » |
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