| Aurora Borealis - Relinquish | ||
|---|---|---|
| Auteur : The Philosopher | Note : 8 / 10 | |
| Aurora Borealis – Relinquish (2006) NightSky Productions Genre : black/death metal Site Officiel Myspace officiel ![]() C’est en 2006 que le groupe américain Aurora Borealis s’est en fin décidé à revenir nous faire vibrer les tympans avec un nouvel album sobrement intitulé Relinquish. Après 4 longues années d’absence dues aux premiers maxi et album du side project de Ron Vento, le très bon groupe de brutal black : I.C.E. (pour Imperial Crystalline Entombment). Une fois n’est pas coutume, c’est Ron Vento, maître du vaisseau glacial et homme à tout faire du groupe qui est le seul rescapé du line-up du précédent opus : Time, Unveiled. Certes, me direz-vous, ce n’est pas extrêmement difficile venant d’un groupe qui a toujours été un « two-men band ». Oui, vous répondrai-je, mais la particularité cette fois-ci, c’est que sur ce nouvel opus, Aurora Borealis retrouve un batteur qui avait déjà officié dans ses rangs. En effet, alors que Ron Vento se charge traditionnellement du chant, des guitares, de la basse (sauf une fois), de l’enregistrement, du mixage et du mastering de ses albums (et même exceptionnellement pour cet opus, de la vente !), Aurora Borealis a toujours compté des batteurs d’exception dans ses rangs. Jugez plutôt : Tony Laureano (qui n’avait alors pas encore officié dans Angelcorpse, God Dethroned, Nile, Malevolent Creation, Dimmu Borgir, Internecine et quelques autres groupes plus confidentiels) sur Mansions Of Eternity (1996). Derek Roddy (qui a entre autres officié dans Hate Eternal, Nile, Malevolent Creation, Divine Empire, Internecine et Council Of The Fallen) sur Praise The Archaïc Light Embrace (1998) et sur Northen Lights (2000) et Tim Yeung ( Hate Eternal, Council Of the Fallen, Vital Remains, Decrepith Birth et Agiel entre autres) sur Time, Unveiled (2002). Bref, parmi ces trois marteleurs fous et surbookés, c’est Tony Laureano qui est revenu officier dans les rangs de Aurora Borealis pour accomplir la difficile tâche de donner un successeur à l’excellent Time, Unveiled. Aux premières minutes de Relinquish, on sent tout de suite que Ron Vento a voulu se démarquer de son précédent opus. Aurora Borealis nous proposait jusqu’à présent un black/death qui tendait plus vers le black que le death grâce à une recherche constante d’une ambiance glaciale purement black metal, renforcée par une production adéquate, et où seule la technicité omniprésente et un batteur venant du death metal pouvait laisser sentir le côté de ce dernier style. Cette fois, la production de l’album se veut résolument plus propre, puissante, mais aussi plus envahissante, bref plus death metal. J’en veux pour preuve le sur-mixage de la batterie de Tony Laureano, qui plus habitué à jouer du brutal death ou dans Dimmu Borgir que dans un groupe de black/death, possède un son qui dessert quelque peu l’ambiance que l’on connaît à Aurora Borealis. Ici, les moult blasts et matraquages de double grosse caisse empiètent sur les lignes de guitares, ne venant plus appuyer la mélodie comme ce fût le cas précédemment. Le résultat final est assez dérangeant pour qui n’aime pas trop le death metal et un jeu de batterie aussi dense et inhumain qu’envahissant. De plus, je n’arrive toujours pas à savoir si la batterie est triggée ou simplement sur-mixée, Tony Laureano ayant un jeu massif ne nécessitant pas de triggers (des capteurs placés sur les éléments de la batterie, et qui envoient un signal à un logiciel qui pourra donner le son voulu, et ce même quelque soit la force de frappe si on le souhaite) pour paraître massif. Outre l’aspect du mixage de Relinquish, on se surprend à headbanguer sur des riffs purement death metal, et même, sur un passage en contre-temps sur le morceau d’ouverture Myths Of The Light ! Même constat pour les morceaux Ravaged By Fire, The Red Flag. C’est si inhabituel dans un groupe qui a tendance à filer en doubles croches tout au long d’un album que l’on en reste dubitatif… pour finalement se rappeler au refrain que le groupe sait toujours utiliser la recette qui sied si bien au black metal : une mélodie rapide et fluide qui, soutenue par des vocaux purement black et une batterie purement death metal, fait mouche à tous les coups. Aurora Borealis ralentit alors le tempo sur le second morceau Let The Games Begin, et met en place un riff simple, efficace, avec une des vocaux doublés (à la manière d’un Deicide) et qui vous rentrera en tête pour de longues heures. En deux morceaux et moins de dix minutes, toutes les facettes de ce talentueux groupe ont été exposées. Aucune chance dès lors d’espérer quelque chose d’autre que le style qu’Aurora Borealis a toujours pratiqué, car bien que la facette death metal ressorte plus sur cet album, Aurora Borealis reste le même et ne peut aucunement décevoir ses fans de la première heure. N’hésitez pas à vous rendre sur la page myspace du groupe où trois morceaux très représentatifs de l’album sont en écoute. Dernière preuve d’un léger changement : un nouvel illustrateur pour la pochette de Relinquish qui représente les vestiges d’une civilisation Maya chaotique sous fond d’aurore boréale. Jusqu’alors, le bleu dominait les anciennes superbes pochettes du groupe, alors qu’ici, cette prédominance de vert atténue encore un peu plus le côté black metal de l’album… c’est peut être du chippotage, mais moi j’y accorde de l’importance, et je vous ne permet pas de remettre mes impressions subconscientes en doute. Non mais. Dernière coïncidence, les vestiges représentés viennent d’une civilisation du sud, ce qui n’était plus le cas depuis Mansions Of Eternity sorti en 1996 avec… Tony Laureano à la batterie. Relinquish est donc un album qui se démarque un peu de la discographie d’un Aurora Borealis qui pratiquait avec talent le même style depuis 10 ans. Le retour de Tony Laureano aux fûts fait ressortir toute la brutalité et l’intensité d’un groupe sachant manier la mélodie et les ambiances black metal avec brio. Et si le côté death metal plus marqué peut repousser certains, il ne saurait décevoir ceux qui comme moi, apprécient tout ce que le groupe a fait depuis ces débuts. Relinquish passe très près d’un 9/10 qu’il aurait aisément pu décrocher si le jeu de batterie était moins envahissant, et si la musique du groupe s’était faite plus accessible, ce qui fût au final l’inverse ! Et pour se procurer cet album, il faut malheureusement le commander directement à Ron Vento depuis les Etats-Unis |
||
En espérant qu'au bout de 10 ans, Aurora Borealis finisse par être reconnu comme ce qu'il est : un pilier du metal américain.
Le 01 Avril 2007