Epica, ou le plus jeune des célèbres groupes de Metal Symphonique / Power Metal à voix féminine, en est déjà à son cinquième album en moins de 5ans. Une grande productivité, mais la plupart du temps des albums de qualité. Epica est trop souvent comparé à tort et à travers à des groupes comme Nightwish, Within Temptation ou Evanescence, alors que le groupe à une orientation musicale totalement unique. Leurs deux derniers albums ayant été des semi-déceptions, les néerlandais étaient attendus au tournant.
Et l’album commence, comme dans de plus en plus d’albums, par une petite entrée en matière, le foie gras d’un repas gastronomique. Ce n’est ni plus ni moins que ce que l’on attend d’une introduction d’un album de Metal Symphonique. Cependant, les fans auront déjà l’oreille sensible à la qualité d’enregistrement de mixage de ce début d’album, un des défauts les plus fréquemments cités par les critiques. Nette amélioration sur ce plan, les éléments symphoniques sont plutôt bons, et on sent que l’album est plutôt complexe d’entrée de jeu. Ces défauts semble donc bien gommés, mais l’on peut espérer encore un peu mieux d’un groupe aussi réputé, qui a donc les moyens de réaliser à peu près ce qu’il souhaite dans ce domaine. En revanche, dès le deuxième morceau, on retrouve du grand, du très grand Epica. La voix de Simone semble avoir encore porgressée, encore plus pure, et plus aboutie techniquement qu’auparavant. Que dire des grunts de Mark ? Hallucinants de perfection et de diversité, on sent tout de suite qu’on a de la bonne musique dans les oreilles. L’ensemble est orchestré de main de maître, et le chœur s’intègre très bien à l’ensemble. La chanson montre également ce que sera l’album en matière de composition, des refrains tout à fait mémorables, et une ambiance directement liée au thème de l’album : les religions. Le concept de l’album, car il s’agit bien d’un album concept, est que Dieu aurait créer diverses religions pour tester les Hommes, afin de voir si ils seraient capables de discerner le fait que leurs religions ne sont pas si différentes que cela. On retrouve ainsi des éléments culturels divers du monde, de manière très notable sur des morceaux comme Fools Of Damnation. Instrumentalement, l’album met une bonne petite claque, et on sent que les intentions sont bien différentes que dans le dernier album de Nightwish. Des pistes instrumentales souvent très orientées Speed Metal, et une composition épique, rappelant de grands noms du Power Metal, avec des voix typées « La Belle et La Bête » et soutenues par un chœur symphonique, voilà la recette que nous propose Epica sur cet album. On pourra reprocher à la première partie de l’album, une certaine prévisibilité, qui disparaît à partir du 8ème morceau, Living A Lie, avec des morceaux originaux et de grande facture (après, on aime ou on aime pas…). En revanche, l’album contient également des morceaux plus calmes comme Safeguard To Paradise, qui ne plaieront pas exactement au même public. Cet album est vraiment très diversifié, et finalement cela colle parfaitement au concept de l’album qui prône à la fois la diversité et l’unité. La première partie de l’album ne fait pas preuve d’une grande originalité, mais d’une efficacité à toute épreuve. The Obsessive Devotion et Death Of A Dre (en incluant La’petach Chatat Revetz, qui aurait très bien pu faire partir de la chanson suivante) sont deux très bons morceaux, efficaces et dans l’esprit moyen de l’album et du groupe. Les trois morceaux entre ces deux derniers sont également excellents (mention spéciale à Chasing The Dragon, la plus belle « ballade » du groupe jusqu’à présent pour moi). Never Enough ne casse pas trois pattes à un canard, mais montre une certaine maturité du groupe. Le choix de ce morceau en single était des plus prévisibles, mais le morceau, quoi que peu original, est une bonen façade pour cet album. La fin de l’album (en excluant Safeguard To Paradise), encore une fois, on aime ou on aime pas. Les compositions sont plus poussées et originales, et l’orchestre symphonique, et la voix orientale donnent une nouvelle dimension aux morceaux Living A Lie et Fools Of Damnation. Beyond Belief et Sancta Terra sont deux très bons morceaux, qui montrent vraiment ce qu’on aime chez Epica. Enfin, The Divine Conspiracy, le morceau qui donne son nom à l’album, est selon moi, une sorte de résumé aux 61 minutes de bonne musique qui ont précédés. Une alternance de parties peu originales sur le fond mais qui dégagent une certaine maturité, avec ce qui fait l’esprit de cet album concept et d’Epica. Les six premières des quatorzes minutes du groupe montre le côté à la fois épique et technique de la musique d’Epica, alors que la fin, très calme, montre que le groupe n’a pas perdu ses fondamentaux, et son côté symphonique.
AVIS Yoyo1 : MASTERPIECE
Je ne me lancerais pas dans une comparaison de cet album d’Epica avec les deux premiers albums du groupe, car on sent que il y a eu une grande évolution. Cet album montre qu’Epica reste Epica, c’est-à-dire un style unique de musique. Le fait qu’il s’agisse d’un album concept donne également un vrai plus. Il s’agit là, en tout cas, de l’album le plus abouti du groupe, et on sent que la bande à Mark Jansen ne se perd pas. En tout cas, attention, car si, comme pour moi, cet album représente tout ce que vous attendez en matière de musique, vous risquez bien de devenir totalement addicted. Pour tout ceux qui aiment le Metal, c’est en tout cas un album à essayer, et dont la qualité est indégnable. En tout cas, selon moi, il s’agit bien d’un vrai bijou. Epica a mûri, sans perdre de vue son esprit originel. Quand on connaît la qualité de The Phantom Agony ou de Consign To Oblivion, c’est grand, très grand !
4.25 / 5 (arrondi au-dessus )
Indigo (Intro) - 7/10
The Obsessive Devotion - 9,5/10
Menace of Vanity - 8,5/10
Chasing the Dragon - 9/10
Never Enough - 9/10
La'petach Chatat Rovetz (The Last Embrace) - 7/10
Death of a Dream (The Embrace That Smothers - Part VII) - 9/10
Fools of Damnation (The Embrace That Smothers - Part VIII) - 9,5/10
Living a Lie (The Embrace That Smothers - Part IX) - 9/10
Beyond Belief 8,5/10
Safeguard to Paradise 7,5/10
Sancta Terra 8,5/10
The Divine Conspiracy 9,5/10 |