
Dreamtale - Epsilon
1. Firestorm 04:30
2. Angel of Light 04:04
3. Each Time I Die 05:13
4. Where Eternal Jesters Reign 03:33
5. Fly Away 05:08
6. Reasons Revealed 04:48
7. Strangers' Ode 05:58
8. Mortal Games 03:45
9. Lady of a Thousand Lakes 05:51
10. March to Glory 06:28
49:18
Il est parfois amusant d'observer la progression de certains groupes. Dans le cas de Dreamtale, c'est même étrange. Je m'explique. De un, le groupe, après cinq albums, est à son premier album avec le même chanteur que celui du précédant. En effet, le groupe a eu une grosse effervescence du point de vue des changements de membre. Epsilon ne fait pas exception à la règle. C'est avec un nouveau bassiste et un ancien batteur que le groupe a composé cet album. De deux, probablement dû au premier point, le groupe semble éprouver de la difficulté a créer des albums constants d'une œuvre à l'autre. On commence par un Beyond Reality que tout amateur de métal mélodique se doit d'affirmer que c'est une tuerie, un chef-d’œuvre. Ensuite, on nous sert un Ocean's Heart plutôt ordinaire après le succès du premier album. Par la suite, le groupe nous redonne espoir avec un Difference très bien foutu. Malheureusement, on retourne plus bas que jamais avec un Phoenix qui s'annonçait bien avec le meilleur chanteur du groupe à ce jour et des titres entraînant comme Take What the Heaven Create. Par contre, on sent que l'album n'est pas exploité à son plein potentiel, on le compare injustement à Beyond Reality et on déclare le groupe comme étant mort. On "oublie" même de chroniquer leur dernier album...
Serait-ce la fin de Dreamtale ? Même étant fan du groupe (un peu comme notre virgule nationale pour Reinxeed), je dois rougir et avouer que, même si l'album est sorti depuis le mois d'avril, je viens tout juste de porter l'oreille sur cette dernière offrande des Finlandais. Il faut dire que j'ai eu une année occupée avec les études universitaires et le travail pour payer ces études. Toutefois, je vous l'accorde, il est inexplicable que ce bijou ne se retrouve pas dans mon top de l'année... Honte à moi . Parce que OUI, cet album est une vraie perle. C'est varié, c'est mélodieux, c'est jouissif, c'est violent, c'est épique, c'est magique, bref, c'est certainement le meilleur album du groupe depuis Beyond Reality.
Bien sûr, j'en vois plusieurs déjà s'acharner en déplorant le manque d'originalité de l'album et la facilité de la musique. Mais, est-ce vraiment tout ce qui importe quand l'on juge ou critique un album ? Le power métal est probablement la cible favorite de ces "trolleurs". Par contre, je me dois de leur répondre que Dreamtale vient de frapper fort. Aucun titre n'est à rejeter. On fait couler tueries après tueries.
Tout commence comme Phoenix se termine (si vous avez la version limitée) avec Firestorm, la version améliorée de Firebird. Même si le titre de la chanson est quasiment ridicule sachant que l'album précédant contenait une chanson presque du même nom, la chanson elle-même nous fait oublier ce petit accroc. On est en présence ici de la meilleure ouverture de Dreamtale. Le groupe aime bien entamer leur album avec un titre speed surexploité par le keyboard et Firestorm ne fait pas exception à la règle. Toutefois, ici on a affaire à plus que les Finlandais nous ont habitués. Refrain efficace sans être trop simple, couplets jouissifs et un solo puissant. Par la suite, on a droit a un Angel of Light entraînant comme l'a été Take what Heaven Create. La force de ce Epsilon repose sur le concentré des recettes qui nous ont charmés par le passé. Un peu comme un livre de recette de Soeur Angèle (référence pour les Québécois), on est en présence de ce qui pourrait nous sembler être un Best of. Dreamtale joue avec les titres speed (Firestorm, Each Time I Die ou Where Eternal Jesters Reign) et les mi-tempos (Mortal Games, Fly Away ou Angel of Light) dans le début de l'album comme un jongleur pourrait le faire avec des tronçonneuse et des couteaux. Mais ce manège n'amuse que les enfants. Il faut rester plus tard pour comprendre la véritable beauté de ce Epsilon.
En effet, la balance entre les deux moitié de l'album est loin d'être à l'équilibre. N'empêche que la partie "enfantine" est loin d'être ratée. Each Time I Die vous enchantera avec son refrain accrocheur et ses riffs puissants dans les couplets. Fly away vous fera voguer sur une mer capricieuse lors d'une belle journée d'été (comme celle de la France, car, au Québec, on ne connaît pas ça nous cette saison là (pour les lecteurs québécois, imaginez-vous en train de voguer une belle journée du 15 juillet, seule journée potable de l'année pour mettre un navire sur l'eau)). Effectivement, Dreamtale s'est un peu déguisé en Alestorm pour ce titre aux saveurs fraiches et son refrain pouvant faire penser à l'énorme Tears of Babylon de Freedom Call.
Toutefois, on parle de "pitchnotes" comparées aux véritables claques qui se trouve dans la deuxième partie. Dreamtale nous offre rien de moins que leur meilleure ballade, Reasons Revaled. Si le premier couplet peut sembler un peu mou, les Finlandais nous le font oublier avec un refrain incroyable. Sûrement la meilleure ballade de l'année. Ensuite, on a un Stranger's Ode qui m'a fait bizarrement fait espérer un The Vigilante II, titre maître de Phoenix. J'étais stupide de vouloir me contenter de si peu. On a ici un titre épique un peu à la Heart's Desire. Rapide durant les couplets et mélodieux durant le refrain. Ensuite, on ralentit le rythme avec la merveilleuse mi-tempo qu'est Lady of a Thounsand Lakes. On retrouve encore une fois la fraîcheur de Fly Away, mais dans un moule épique. Sublime !
Enfin, l'album termine sur toute une note. L'incroyable March to Glory. Un autre titre épique, progressif et mélodique. Mais là le groupe frappe fort. Un mélange de moment speed et plus progressif recouvert d'un des meilleurs refrains de l'histoire de Dreamtale et on obtient le pilier d'Epsilon. Mais un peu comme dans Destruction Preventer de leur frère patriotique, Dreamtale nous réserve une surprise après leur petit moment de répit. Effectivement, à 4:50 de la tuerie, après un ralentissement du rythme, Tous les musiciens s'unissent pour nous donner un dernier coup de grâce. Frissons garantis ! Petit défaut du morceau, le début semble plagié sur l'énorme succès de Queen, Show Must Go On.
En résumé, il aura fallu attendre 10 ans pour créer un album pouvant rivaliser avec la bombe que peut être Beyond Reality. Les fans comme moi refuseront toutefois de déloger leur bijoux de son trône, mais il faudra l'admettre, Dreamtale nous a pondu une autre bombe. En espérant que nos amis finlandais ne suivent pas leur tendance à produire un bon album sur deux... ou encore pire, espérons qu'ils garderont Erkki Seppänen. Le chanteur vient de prouver qu'il est le meilleur de l'histoire du groupe. |
Le 11 Janvier 2012