Un 17 décembre à Lyon. La fraicheur hivernale commence à se faire sentir dans la région. Les fêtes ne sont désormais plus très loin. Un 17 décembre à Lyon. Pain of Salvation, groupe des plus mythiques joue ce soir au CCO. Un 17 décembre à Lyon. Eilera est de passage, quelques centaines de mètres plus loin sur le campus de la Doua. Annoncé seulement quelques semaines plus tôt en remplacement de Markize qui devait à l’origine partager l’affiche avec Arkeronn, le groupe a toutes les raisons de craindre que le public ne soit pas au rendez-vous ce soir. Et pourtant, l’amphithéâtre de l’Astrée accueille plusieurs dizaines de personnes. Peut-être est-ce grâce à la gratuité du concert… ou bien à l’aura magique d’Eilera, nul ne le saura peut-être jamais… Un 17 décembre à Lyon… conte d’hiver…
Arkeronn :
Les lyonnais d’Arkeronn ouvrent énergiquement la soirée par un set d’environ une heure. Le groupe de metal progressif, dont le premier album « My World » a été chroniqué sur Heavylaw par ce cher collègue Doryan (qui a été voir Pain of Salvation… ouh le traître !), n’est pas inconnu des scènes lyonnaises, partagées notamment avec Evergrey en 2006 et Adagio en 2007. Après plusieurs changements de chanteur, Fabien a finalement choisi de cumuler sa fonction de guitariste avec celle de vocaliste. Entreprise périlleuse, et son manque de technique se faisait effectivement sentir sur l’album. Mais un an plus tard, force est de constater qu’il a nettement évolué. Fabien maîtrise désormais le micro et a incontestablement gagné aussi bien en puissance vocale qu’en justesse. De l’émotion, il sait également en mettre, et cela se ressent particulièrement sur les titres où il lâche la guitare pour se consacrer exclusivement au chant, donnant à voir toute son énergie et sa passion.

Fabien est par ailleurs désormais entouré d’un line-up stable constitué de musiciens expérimentés et professionnels, en témoignent notamment leurs attitudes scéniques bien maîtrisées ainsi qu’une bonne interaction entre chacun. Seul Alexandre se place fréquemment un peu trop à l’écart, absorbé dans ses solos de claviers ou dans l’exhibition de son keytar, instrument qui lui offre néanmoins un peu plus de mobilité. Le public s’avère très réactif à la musique d’Arkeronn et l’ambiance est chaleureuse, ce qui est une performance compte tenu aussi bien de la froideur réputée des lyonnais que de la configuration de la salle (avouez qu’assister assis à un concert de metal, ça n’est pas très courant). Celle-ci offre cependant une acoustique excellente qui met en valeur chacun des instruments et fait honneur à la musique d’Arkeronn. Le set est uniquement perturbé par l’irruption de problèmes d’amplis pour Sébastien - ce qui n’arrive jamais en temps normal, précise Alexandre, mais s’agit-il d’une soirée normale ?- nécessitant une courte interruption. Cependant, ces soucis techniques donnent l’occasion au claviériste ainsi qu’au batteur de se lancer dans un agréable duo improvisé évitant brillamment le lourd silence gêné qui s’installe habituellement dans ce cas de figure. Autre surprise, préparée cette fois-ci, la reprise de Center of the Universe (Kamelot, bien sûr) en guise de rappel. Fabien y est accompagné de Stéphanie, chanteuse du groupe Naos, pour un duo fort rafraichissant. De quoi clore en beauté la performance d’Arkeronn.


Set-list :
Anathema
My World
Mankind’s Darkside
Nothing’s for Granted
Stay Away
Heart of Angel
Reach the Top
Heroes from the Past
The Travel
Center of the Universe [Kamelot]

Eilera :
Après de longues minutes d’attente et une impatience grandissante, la salle se plonge à nouveau dans le noir et la prestation d’Eilera débute par un titre d’introduction aux allures expérimentales, plaçant le public dans une ambiance résolument originale et personnelle. Les musiciens font peu à peu leur apparition : Loïc Tézénas à la guitare, Yoann le Gall à la batterie, le finlandais Jan Sormo à la basse et enfin la pétillante chanteuse Eilera.

Les applaudissements sont alors timides et ceux parmi le public qui ne connaissent pas le groupe se demandent à quel genre de concert s’attendre. Ils ne se doutent encore point que les minutes qui vont suivre changeront probablement le cours de leur soirée et les plongeront intégralement dans l’atmosphère magique d’Eilera. En effet, assister à un show du groupe est une expérience exceptionnelle que je ne saurais vous conseiller autrement que de toute urgence. Car un concert d’Eilera c’est : les excellents solos de Loïc Tézénas donnant toute leur puissance aux compositions, le jeu énergique de Yoann Le Gall, les interventions vocales de Jan Sormo aussi bien sur les morceaux que lors des pauses où il s’exprime sympathiquement en anglais… et bien sûr la présence d’Eilera, chanteuse dotée d’un charisme et d’une personnalité bien prononcés, mais également très simple et touchante. Une voix impressionnante, un sourire omniprésent, une énergie débordante, un investissement constant, une émotion et une fragilité touchante – lorsqu’elle chante les yeux fermés tout en tenant fermement le pied du micro enroulé de lierre et de fleurs d’orchidée -, une générosité et un enthousiasme communicatifs… tous ces ingrédients font rapidement tomber le public sous le charme d’Eilera. Un vent de fraîcheur gagne la salle et la magie opère lentement : les oreilles sont envoutées, les têtes oscillent, les pieds tapent en rythme sous les sièges, les mains applaudissent et les voix acclament. Chaque titre est un moment précieux, à savourer avec intensité.

La plupart des morceaux sont extraits de l’album "Fusion", mais Eilera fait quelques incursions dans le reste de sa discographie, avec notamment Precious Moments, et donne par ailleurs à entendre quelques titres du nouvel album. La soirée est d’ailleurs parfaitement appropriée puisque c’est aujourd’hui que les premières chansons de ce très attendu « Dark Chapters… and Stars » sont disponibles sur le site web du groupe. Ces nouveaux titres, sans déroger aux sonorités folk et celtiques qui constituent l’une des marques de fabrique d’Eilera, sonnent plus metal et s’avèrent très punchy. Un réel bonheur pour les oreilles ! D’autant plus que le son est là encore, et durant toute la durée du set, excellent.

C’est après environ une heure trente de jeu que le groupe quitte la scène puis y revient sous les acclamations d’un public littéralement sous le charme. Eilera clôt alors la soirée avec le titre Back to the Essentials. Derniers instants d’émotion, de magie et de passion. Les musiciens saluent chaleureusement l’audience et c’est avec des étoiles plein la tête que chacun quitte la salle, emportant fréquemment un exemplaire de l’album « Fusion » en guise de souvenir.
Il est minuit passé, et dehors la neige a recouvert la ville de son beau tapis blanc… Magique, non ?

Set-list :
Intro
Epic
Don’t Go Fight
In the Present
Healing Process
Keep Our Heaven
Non merci
Free, Are You
LAW
Fly
The Angel you love, The Angel you hate
Fusion
PPI
Precious Moments
Back to the Essentials
(Je n'ai pas réussi à déchiffrer toutes les abréviations... certains titres resteront donc un mystère )
AUTRES PHOTOS :
Arkeronn :












Eilera :











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Le 27 Décembre 2009