Une fois n'est pas coutume, direction Milan pour avoir sa dose de concert tout en vivant dans le sud de la France. Ce soir, l'affiche est royale puisqu'il s'agit de la tournée de Gamma Ray, et que les joyeux drilles sont accompagnés par ni plus ni moins que Freedom Call, autre ténor du genre. Le groupe italien Secret Sphere vient compléter le tableau, et c'est donc devant un public de connaisseurs que les transalpins ouvrent le bal dans cette superbe salle qu'est le Magazzini Generali, rappelant beaucoup l'Élysée Montmartre.
Secret Sphere :
C'est speed, c'est mélodique, c'est italien. A priori, juste un groupe de plus. Mais ceux-ci sont bons et le chanteur fort impressionnant (cela fait un moment que les amis Hansen et Deris (Hellowween) n'ont plus autant de coffre), ce qui fait que leur courte demi-heure passe comme une lettre à la poste. De plus, le son est costaud comme il faut et rend justice à tous les protagonistes (tout juste la batterie a tendance à écraser le reste), ce qui permet d'apprécier leur prestation fort sympathique, le groupe étant visiblement heureux de jouer à domicile. Point non négligeable, le groupe n'hésite pas à s'aventurer de temps en temps dans des contrées plus heavy, évitant que l'ennui ne pointe son nez rapidement. Idéal pour chauffer la salle !

Freedom Call :
Cinq petites minutes qui voient les membres du groupe régler leur matériel eux-mêmes et les hostilités peuvent commencer. Devant le maigre temps dont le groupe dispose (45 minutes), les spéculations sur les morceaux joués vont bon train, et, en bon démocrates, les Freedom Call vont piocher dans tous leurs albums, et même oser l'ouverture du concert sur "We Are One", issu de leur tout premier album. Si le public se fait un peu timide, il se réveillera dès l'énergique "United Alliance" qui le mettra à contribution sur le refrain. Globalement, le groupe est en forme, Chris Bay est irréprochable, s'amuse et nous encourage à sauter sur le tubesque "Tears of Babylon", carton assuré avant même que le concert commence. On notera la présence à la batterie de Klaus Sperling, en remplacement (intérim depuis quelques années et permanent depuis quelques jours) de Dan Zimmermann, et qui assure comme un chef. Comme dit précédemment, tous les albums sont représentés, et c'est avec joie que l'on retrouve "Hunting High & Low" (aucun rapport avec le classique de Stratovarius), qui n'as pas à rougir devant les standards que sont "Warriors" et "Land of the Light", redoutables d'efficacité et expédiés avec entrain devant un parterre conquis.
Si la présence de "Merlin" fait un peu tâche, surtout au vu du peu de temps alloué, on ne s'en formalisera pas et ira faire la fête comme il se doit sur "Freedom Call" en guise de clôture d'un show forcément trop court qui nous fait dire qu'il serait temps que Freedom Call se lance dans une vraie tournée un de ces jours.

Setlist :
We Are One
United Alliance
Thunder God
Tears of Babylon
Hunting High & Low
Merlin - Legend of the Past
Warriors
Land of the Light
Freedom Call
Gamma Ray :
En ce qui concerne le dernier album de Gamma Ray, les avis divergents vont bon train de part et d'autre. Certains y voient un renouveau créatif, d'autres un vibrant hommage au ivimétol, d'autres un aveu de manque d'inspiration, et mon épicier pense que Bénabar ferait bien d'en prendre des notes.
Si vous voulez mon avis, il s'agit là d'un très bon album, contenant certes, des morceaux énormes mais aussi certains justes bons, alors que jusqu'à Majestic (inclus), le standard de composition était élevé. Ce qui manque à cet album (et à Land of the Free II), c'est de la fraîcheur, malgré la présence de tueries manifestes.
Mais bon, voir ces légendes du heavy metal est toujours un évènement en soi, et dès la sempiternelle introduction "Welcome", le public est en feu, crie, saute, lance des pogos (oui oui, avant même qu'un seul morceau ait commencé), et explose littéralement quand "Ciao Milan !" retentit, suivi du métapoutrant "Gardens of the Sinner". Voilà le genre de morceau qui ne peut qu'être placé en ouverture et qui manquerait vraiment en cas d'absence. Quant on arrive à sortir la tête et respirer, on peut constater la pêche des trois mousquetaires (qui étaient quatre, vous suivez ?), la voix impeccable d'Hansen, appréciable quand on connaît l'irrégularité de ses prestations, vocales tout du moins, aucun reproche n'étant à lui faire sur les parties de guitares, exécutées de main de maître, efficacement secondées par le timide mais incisif Richter.

Histoire de nous laisser reprendre nos esprits après cette déflagration, les premières notes aériennes d'"Empathy" retentissent, avant de s'effacer et de démontrer que oui, ce morceau est un concentré de roxxxance et porte haut et fort le label "Meilleur morceau de mon album". Sombre, aux sonorités mystérieuses, voilà une des raisons qui font que "To The Metal" n'est pas foncièrement un mauvais album. Pas de répit, et voilà que "Deadlands" est propulsé, conférant à cette entame de show un peu le côté "tête dans le guidon" de leur dernière offrande. Et ne comptez pas sur "Fight" pour calmer le jeu, il n'en fallait pas plus au public pour se mettre en quête d'éradiquer tous les autres spectateurs.
Bon mes amis, quand est-ce que l'on se repose, hein ? Ah, voilà "Mother Angel", ça va faire baisser la tension. Mais...dis-moi, encore un nouveau morceau ? Ça fait déjà trois quand même ! Et oui, car ce soir, leur nouveau bébé est fort bien représenté, avec 5 extraits, dont un "No Need to Cry" pas franchement essentiel et le "Mother Angel" sus-cité qui aurait pu rester chez lui que cela ne nous aurait pas dérangé. Alors oui, tant que les classiques n'en pâtissent pas, aucune raison de crier au loup. Mais voilà, il se trouve que...oh et puis non, on en reparlera plus tard ! Concentrons-nous plutôt sur les surprises que nous ont concoctées le groupe. Hansen nous annonce "un morceau de Land of the Free", et nous laisse entendre de la guitare claire. Après s'être moqué de nous plusieurs fois ("Vous trouvez pas ? Bon je joue une note alors. Toujours pas ?"), stupéfaction et cris de joie quand sonne le début de "The Saviour", enchaîné bien sûr avec "Abyss of The Void", morceau qui a bien dû disparaître pendant 10 ans si ce n'est plus. Alors, quand le dit morceau est interprété à la perfection, on savoure jusqu'à la dernière note.

L'heure du traditionnel solo de batterie du sieur Zimmermann a sonné, et c'est l'occasion de constater que le bonhomme est loin d'être un manchot et que, "La double, ça le connaît, foi de Zimmermann !". Et histoire de rendre tout cela distrayant, la deuxième partie de son solo voit "La Marche Turque" de Mozart retentir et Dan suivre le morceau à la batterie, mais en jouant le plus vite possible, bien sûr... Original et fort amusant !
Puis le reste du groupe refait son apparition, et ne voilà pas que nous est offert l'épique "Armageddon" ! Ceux qui reprochent aux Rays de ne pas se fouler sur les setlists en auront pour leur grade, surtout que la rigueur est au rendez-vous et ce monument se laisse apprécier à sa juste valeur. Il faut dire que tout au long des 8 minutes de ce morceau , l'émotion est à son comble, et, ayant en tête le live "Skeletons in the Closet", on s'imagine que "Heavy Metal Universe" va suivre. Et bien non ! Car le groupe a un autre hommage maintenant, le morceau éponyme du dernier rejeton, "To the Metal". Avis aux détracteurs : ce morceau qui peut paraître clichesque et ridicule est tout simplement surpuissant en live et possède un force de rouleau compresseur assez incomparable.

Alors oui, si c'est pour perdre "Heavy Metal Universe" (que le public réclamera bruyamment en fin de concert...), c'est un peu dommage... D'autant plus qu'après l'épique et merveilleux "Rebellion in Dreamland" et le simple et direct "Man on a Mission", le groupe salue et s'en va. Bien sûr, on sait qu'ils vont revenir, mais on en vient à se demander ce qui va bien pouvoir faire office de rappel. "Land of The Free" ? "Somewhere out in Space" ? "Heavy Metal Universe" ? "Valley of the Kings" ? "Into the Storm" ? "New World Order" ? "I Want Out" ? "Send me a Sign" ? Et bien ce seront les trois derniers, exécutés dans l'allégresse générale et avec une bonne humeur que "plus festif tu meurs".
Vous l'aurez compris, beaucoup de classiques passent ici à la trappe, et, sans forcément critiquer ce choix, on peut librement se demander si "To The Metal" méritait ses 5 morceaux, sachant que 3 auraient largement suffit, et nous auraient permis d'en gagner d'autres. Surtout qu'un fois le bilan fait, il en résulte que "Land of The Free" et "Powerplant" s'en sortent avec 3 extraits, "To The Metal" 5, puis 1 pour "No World Order!" et "Majestic". Impasse sur "Land of the Free II", impasse sur "Somewhere out in Space" (quand même...) et impasse sur les années Scheepers. Dommage malgré tout. Quand on joue des morceaux inattendus ET trop de nouveaux, fatalement, il en manque un paquet à l'arrivée. (on me dit dans mon oreillette qu'une ville a eu le droit à "Heading for Tomorrow"...là je râle !)
En définitive, les experts (dont je fais partie) diront qu'il y a eu viol avéré avec préméditation sur la Setlist, les autres (dont je fais aussi partie, hein...) retiendront que le groupe était au top de sa forme, a proposé un show solide, rempli de bonne humeur, nous a rassuré quant à son état, et compte bien faire encore parler de lui dans les prochaines années. Up da Rays ! 
Setlist :
Welcome
Gardens of the Sinner
Empathy
Deadlands
Fight
Mother Angel
The Saviour/Abyss of the Void
Drum solo (+ La Marche Turque)
Armageddon
To the Metal
No Need to Cry
Rebellion in Dreamland
Man on a Mission
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New World Order
I Want Out (Helloween)
Send me a Sign |
Le 19 Février 2010