Gods of Metal 2010 - 2e jour :
Deuxième journée pour le plus célèbre des festivals italiens, et une affiche un peu plus conséquente avec entre autres la présence des vétérans du thrash Exodus, Raven, les vikings d'Amon Amarth ou encore les monstres de Lordi.
Ex Deo :
Mais la journée commence avec Ex Deo, toute récente formation de death "épique" initiée par le chanteur de Kataklysm, Maurizio Lacono. Porteur d'un concept-album sur Romulus, c'est peu surpris que nous voyons débarquer la troupe arborant fièrement des plastrons flanqués d'un "XIII" ne laissant aucun doute quant à l'époque traitée dans leur histoire. Quant au chanteur, son armure est plus fournie, et son imposant tatouage "SPQR" montre que décidément, ils ne rigolent pas ces canadiens...
Mais côté musique sinon ? Et bien, comme dit ci-dessus, Ex Deo donne dans le death, au tempo globalement ralenti, pour conférer un aspect guerrier à leur musique. Si certains riffs sonnent un peu forcés, genre "allez, là on met un gros riff épique", pour une demi-heure, ça passe largement et nous fait en fin de compte une ouverture de journée plutôt réussie.

Sadist :
Voici venir un groupe de death italien, assez particulier, puisqu'il inclue des claviers, claviers joués par l'unique guitariste, qui pendant qu'il tape sur son clavier, se contente de plaquer de simples accords sur sa guitare. Choix scénique ou contrainte, toujours est-il qu'affecter un membre permanent aux claviers éviterait aux moments "à clavier" de faire retomber un peu trop la pression. Mais bon, à côté de ça, le death technique jeté en pâture, en dépit du talent de chaque protagoniste, n'est pas renversant, et, sous la chaleur, difficile de rentrer dedans.

Kaledon : (suite à un lobby Dragonmanien, un mini-report de Kaledon est apparu, Heavylaw est désormais le royaume de la corruption et du pot de vin...)
Groupe inconnu pour ma part avant ce festival, Kaledon est le premier à s'élancer sur la petite scène en cette deuxième journée toujours aussi chaude. Depuis le début de ce festival, il manquait un vrai groupe de speed italien, et bien le voilà ! On ne cachera pas que cela ressemble pas mal à Rhapsody, mais c'est plutôt bien foutu on va dire. Le son est bon, on arrive à bien distinguer les claviers, et la guitare envoie de bons riffs qui rendent ainsi plus que potables les 20 petites minutes accordées au groupe. En tout cas, des 3 groupes foulant cette scène aujourd'hui, Kaledon s'impose de la tête et des épaules.
A revoir malgré tout dans un meilleur cadre et surtout par un temps moins caniculaire...
Orphaned Land :
Passons maintenant sur la grande scène à Orphaned Land, qui dénote un peu sur l'affiche, proposant un mélange particulier de rock-métal aux sonorités orientales très prononcées, sur lequel viennent se greffer de temps à autres quelques voix death. Encore une découverte en ce qui me concerne, et on va dire que je suis pas déçu, la musique jouée étant assez facile d'accès et entraînante. On appréciera les grandes robes orientales portées par le chanteur (lequel ironisera "Tout d'abord, je ne suis pas Jesus) et le batteur, renforçant ce côté un peu ovni de la formation, qui possède tout de même une forte personnalité. Trois quart d'heures sympathiques, et on zappera Subhuman (encore la petite scène), dont je suis infoutu de dire à quoi ça ressemblait, pour attendre un des nombreux groupes à cosplay de la journée (on a déjà Ex Deo, Orphaned Land, et Lordi c'est pour ce soir !), Behemoth.

Behemoth :
C'est puissant, c'est black, c'est death, c'est carré. Mais il fait chaud...très chaud... Peu importe, on prend les "Conquer All" et autres "Slave Shall Serve" sans broncher, car bon, le groupe en impose un max. Pas grand chose à dire si ce n'est que l'interprétation est massive et précise, même si au bout d'une heure, nos oreilles respirent et font l'impasse sur Nashwuah, du "hate-core" soit disant...

Exodus :
Après une séance dédicace où Toad verra sa tête signée par tous les membres d'Amon Amarth (et ouais !), au tour d'une légende du thrash, Exodus, de faire son entrée. Formation née aux origines du thrash, aux côtés de Metallica pour ne citer qu'eux, elle n'a pas vraiment eu le succès escompté et occupe une place d'éternel second couteau, malgré son âge, et ne jouit plus que d'un statut culte, même si le groupe s'en défend. Et bien voyons sur place !
Déjà, il faut préciser qu'il ne reste que le guitariste Gary Holt du line-up originel, ce qui peut expliquer la place peu élevée du groupe, et, là où Metallica par exemple a évolué en adoucissant quelque peu sa musique, Exodus a perduré dans le gros thrash et est même devenu plus sombre, plus moderne ces derniers temps.
Ainsi nous avons en face de nous un groupe de thrash, certes très bon, mais plus ou moins lambda et manquant d'une personnalité que l'on aurait pu espérer de la part d'un des pères du thrash. Ajoutons à ça le chanteur réclamant plus de circle-pit qu'il n'y a de morceau dans leur set et on a plus l'impression de voir un groupe de hardcore, au son certes très costaud, et servant plutôt dans l'efficacité, qu'un groupe légendaire. Dommage qu'à défaut de percer à l'instar d'un Slayer ou Megadeth, il se soit enfermé et condamné à errer dans les affiches à ces places intermédiaires, synonymes d'un public conséquent mais loin de celui des gros noms. Un poil déçu tout de même...

Raven :
On passera rapidement sur Raven, groupe de heavy à l'ancienne, avec une voix approximative et un batteur fantomatique. Pas dégueulasse pour autant, suivant leur prestation de loin, je n'en retiendrais pas grand chose si ce n'est qu'après eux doit intervenir le premier groupe m'ayant vraiment fait déplacer, à savoir Amon Amarth.

Amon Amarth :
Et visiblement, je ne suis pas le seul, car ça se remplit dans le public, ça se remplit ! Signe de la popularité grandissante du groupe, suite à la sortie il y a déjà 2 ans de "Twiight of the Thunder God", véritable coffre à tubes, alliant à la perfection mélodie, agressivité, efficacité et simplicité. Et c'est tout naturellement que le set s'ouvre sur le morceau éponyme, concentré de puissance, mettant en lambeau les premiers rangs, dont je m'empresserai de m'échapper, une fois quelques photos prises. Le solo semble même bien exécuté, donc tout va bien dans le meilleur des mondes ! Et quand "Free Will Sacrifice" fait son apparition, on se dit qu'avec cet album, Amon Amarth a trouvé son "classic album" et compte maintenant parmi les formations les plus influentes d'Europe. D'ailleurs, 3 autres morceaux en seront extraits, aux côtés de plus vieux classiques, mais aussi quelques extraits de "With Oden on my Side", tels "Runes to my Memory" ou encore "Vahlala Awaits Me", dédié à Ronnie James Dio, une fois de plus. Si on peut déplorer que le groupe n'ait pas ramené son drakkar ou ne nous ait pas gratifié d'un combat épique en guise d'intro, on les pardonne volontiers au son de "Death in Fire", monstrueux comme à son habitude, ou de "Live for the Kill", mélodique à souhait.

Après plus d'une heure de show, il est temps de célébrer la fin de set sur le tube que tout le monde attendait, "The Pursuit of Vikings", repris en chœur, comme l'aurait été (à une échelle différente certes) "Enter Sandman". Mission accomplie pour les 5 vikings qui viennent de prouver une fois de plus qu'il faut désormais compter avec eux, et on attend de pied ferme un nouvel album.

Setlist :
Twilight of the Thunder God
Free Will Sacrifice
*un morceau qui m'échappe, peut-être Valkyrie Ride*
Asator
Varyags of Miklagaard
Guardians of Asgaard
Vahlala Awaits Me
Thousands Years of Oppression
Death in Fire
Runes to my Memory
Live for the Kill
Cry of the Black Birds
The Pursuit of Vikings
Lordi :
Et maintenant, pour la fin de la journée, voici Lordi, qui commence à faire son trou en Europe depuis leur victoire à l'Eurovision il y a déjà 4 ans. En pleine finition de leur prochain album, nos monstres préférés se sont accordés quelques dates estivales, dont cette tête d'affiche du Gods of Metal 2010, histoire de respirer un peu. Nouveaux costumes, nouveaux morceaux ? A quoi allons-nous avoir le droit ? Au vu des éléments de décor installés, il semble que nous soyons partis pour un concert typique de la tournée "Deadache", leur dernier album en date. En effet, même si il se fait plus léger que sur les autres concerts, une table d'opération et un couloir style "entrée de salle d'opération" sont disposé sur un côté de la scène. Et quand les lumières s'éteignent, voilà que retentit Scartic Circle Gathering IV, l'intro de "Deadache", arrivant sans surprise sur le très efficace opener "Girls Go Chopping". Seulement voilà. La guitare est tout simplement inaudible. Et le relief du morceau en prend un sacré coup, la basse n'étant pas particulièrement forte (du moins pas comme Motörhead) et les clavier relativement discrets. Dommage que cela casse un peu le début de show, mais à partir de la moitié du morceau, les choses semblent mieux équilibrées, et, si la guitare devient pour le coup un peu trop forte sur le terrible "Raise Hell in Heaven", on prend quand même, pas grave ! Et la tension ne redescend pas avec "Bite it Like a Bulldog", à la basse vrombissante et mettant une sacrée ambiance ! Puis retour en arrière progressif avec "Who's Your Daddy ?", un des meilleurs morceaux de "The Arockalypse", puis "Blood Red Sandman." Exécutés avec brio, bonne humeur et à grand renforts de mises en scène aussi grotesques qu'assumées, ces morceaux constituant le début de set font vraiment un malheur. Lordi est fort quand même, 5 morceaux, 5 tubes ! Et que dire de la suite ? Avec un Deadache fort représenté (le morceau titre, Dr. Sin is In, ainsi qu'à mon sens le meilleur morceau de Lordi, "Man Skin Boots"), Lordi opère progressivement une montée dans ces précédents opus et se fendra même d'un "Get Heavy" inespéré et pourtant tellement essentiel !

Niveau mise en scène, c'est du grand-guignol, mais qu'est-ce que c'est drôle ! Entre Awa (claviers) qui pourfend d'un lance Ox (basse) dansant un slow avec une marionnette (ce qui vaudra un "Elle est bonne au pieu celle-là" de la part d'un de mes compères), Ox qui tabasse un "roadie" à coup de basse, et Mr.Lordi affublé de toute sortes de masques selon les morceaux, le spectacle est à la fois dans les enceintes et sur scène ! Je vous épargne les différents ustensiles utilisés par les membres du groupe pour propulser de la fumée, des pétards ou des flammes, mais, si l'on n'atteint pas la démesure d'un Rammstein, il n'en demeure pas moins que l'on en prend plein les yeux, et rigole quand un cadavre se fait charcuter sur "Dr.Sin is In" puis finit par se réveiller en sursaut.

Et ce soir, nous avons le droit à des surprises ! En effet, en l'honneur de l'anniversaire d'Amen (guitare), Mr.Lordi amène un gâteau sur scène, et le jète dans le public après s'en être empêtré plein les cheveux. Puis, nous avons le droit ce soir à un tout nouveau morceau, joué donc pour la toute première fois sur scène, "This is Heavy Metal". Pas des plus originaux ("This is Heavy Metal ! No Matter What You Say !"), mais rudement efficace avec un bon riff bien simple et rentre-dedans. Gatés nous sommes dites-donc ! A titre personnel, je serai ravi d'"It Snows in Hell", absente à Lyon mais bien présente ici et magnifique (sur l'echelle Lordi bien sûr ), démontrant qu'Amen n'est pas un manche, en dépit d'un solo fort brouillon livré entre 2 morceaux.

Mais la fin se fait proche quand nous est livré "Would You Love a Monsterman", tout premier tube de Lordi, enchaîné à son petit frère démoniaque, "Devil is a Loser", 2 morceaux qui prouvent que les tubes de Lordi se trouvent dans tous leurs albums, du premier au dernier ! Un "They Only Come Out at Night" inattendu en guise de premier rappel, qui prolonge le plaisir, et c'est l'heure de célébrer la grand messe (en ayant toujours une pensée émue pour Michel Drucker bien sûr) avec "Hard Rock Hallelujah", embrasant une bonne fois pour toutes un public globalement conquis.

En conclusion, une bête de concert, supérieur à celui que j'avais vécu à Lyon, formidablement joué, à la mise en scène impressionnante de débilité et d'humour, avec une setlist merveilleuse, en forme de best-of agrémentée de surprises, et assurément le meilleur show de ces 3 jours.

Setlist :
Scartic Circle Gathering IV
Girls Go Chopping
Raise Hell in Heaven
Bite it Like a Bulldog
Who's Your Daddy ?
Blood Red Sandman
Man Skin Boots
Get Heavy
This is Heavy Metal (nouveau morceau)
Deadache
Bringing Back the Balls to Rock
Monster Monster
It Snows in Hell
Wake the Snake
Dr. Sin is In.
Would you Love a Monsterman ?
Devil is a Loser
==================
They Only Come Out at Night
Hard Rock Hallelujah
Et comme d'hab', d'autres photos !
Ex Deo :


Orphaned Land :


Behemoth :

Toad et Johan, meilleurs amis du monde :

Exodus :

Raven :

Amon Amarth :









Lordi :












|
snif... Spade, tu peux me faire un mini-report de kaledon rien que pour ton petit Dragonman
Le 04 Juillet 2010