Ce soir à Lyon, c'est rock n' roll ! Dans une ville où les passages des groupes metal sont légions, la venue de Koritni, jeune figure du hard rock made in Australia fait plaisir et nous offre la garantie de passer une soirée agréable. Pour l'occasion, le groupe est accompagné de 4WD (se lit "Four Wheel Drive"), groupe de hard rock du coin...euh à vrai dire on n'en sait rien...ainsi que de Karelia, un nom qui vous parlera certainement. C'est dans la petite salle du Marché Gare que la fine équipe a posé ses valises et les lieux sont relativement bien remplis quand 4WD s'empare de la scène.
4WD :
Bon alors, 4WD était le groupe ouvrant le festival Sylak pas loin d'ici au mois de septembre, groupe que nous avions donc raté, arrivant sur place pour le début du groupe suivant. Voilà l'occasion de se rattraper ! En tant que première-première partie, 4WD sait très bien qu'il n'a pas de temps à perdre donc à fond les ballons ! Chapeau de cow-boy vissé sur la tête de Fonz (chant et guitare rythmique), bandana pour Bert (basse) et c'est parti ! 4WD nous joue donc du hard rock, pas franchement original mais super bien foutu. Imaginez Nashville Pussy avec Bon Scott au chant. Ça joue vite, précis, c'est efficace, les deux guitares se complètent à merveille et c'est diablement entrainant. Faisant peu de fioritures, 4WD va à l'essentiel, marque peu de pauses entre les morceaux, conscient d'être avant tout là pour chauffer un peu la salle et s'éclate sur scène, communiquant sa bonne humeur à un public réceptif bien qu'un peu statique. Faudrait pas trop les brusquer...

Si quelques morceaux se veulent un peu plus bluesy, le propos se veut majoritairement In Your Face, avec des paroles semblant tourner autour des thèmes récurrents du rock n' roll et un plaisir de jouer palpable. Car voilà ce qui fait la force des groupes comme 4WD, le plaisir de jouer, l'authenticité qui se dégage de ces bonhommes. En plus de savoir composer des morceaux qui font mouche, le groupe possède l'attitude rock n' roll et ne triche pas avec nous. En témoigne le morceau de fin répondant au doux nom de "Balls on Fire". On ne se prend pas la tête, on est là pour faire du rock, s'amuser et pis c'est tout ! Pas besoin d'avoir inventé la poudre pour savoir y mettre le feu !

Karelia :
Faisant un peu figure d'OVNI sur l'affiche, le frenchy Karelia et son métal fourre tout est donc le deuxième groupe de la soirée et va bénéficier de trois jolis quarts d'heure devant une audience assez resserrée. C'est que la salle n'est pas bien grande... Sur leur dernier album en date, Karelia nous offre une sorte de néo metal vaguement indus à tendance accordage bien grave qui sait faire se secouer les têtes chevelues (ou non, faut pas faire de jaloux !). En passant, la ressemblance entre leur chanteur et celui de Dark Tranquility est assez troublante... Mais à part ça, Karelia vient ici désosser du pécore et le fait bien. Du genre rentre-dedans façon Long Bacon sans toutes ces conneries de salade et autre tranches de tomates dedans, Karelia joue une musique sèche et écrasante rehaussée de quelques effets électroniques la plupart du temps. Car en bons touches-à-tout qu'ils sont, les "claviers" savent fermer leur gueule de temps quand il s'agit d'envoyer du bois à l'ancienne ou au détour d' "Attitude", reprise des Guns reprenant les Misfits. Ce morceau nous vaudra un joli "alors bientôt on joue à Nancy et on va faire ce morceau avec Lex de Koritni...euh...pas l'ex chanteur de Koritni, Lex le chanteur ...actuel quoi...putain les jeux de mots improvisés c'est nul...". Morceau qui verra l'irruption d'un type complètement cuit sur scène (et non, ce n'est pas le chanteur de Koritni) venant beugler dans le micro n'importe comment avant de rejoindre péniblement la "fosse". "J'ai super mal chanté" qu'il nous dira. Sans rire...

Et, si Karelia possède plusieurs morceaux assez variés à son arc comme le symphonique "Restless" au refrain terrassant ou encore le décalé "My TV Sucks" qui voit Matt s'affubler d'un manteau de fourrure et de lunettes de soleil ainsi que de chaines bling bling pour "dénoncer TF1 et MTV que c pa bi1 toussa toussa", Karelia est aussi adepte des reprises. En effet, en plus d' "Attitude", le groupe se frotte à "Lift Me Up" de Moby pour un résultat bien adapté même si un peu trop primitif et "The Show Must Go On" de Queen, façon bien metal et il faut le dire transfiguré avec brio. Pas question ici de singer Mercury mais de livrer sa propre version et sur ce point Karelia a tout bon. Et si trois reprises cela commence à faire beaucoup, le groupe évite de perdre du temps en livrant un bon paquet de cartouches toutes assez dévastatrices il faut le dire et se permet même d'insérer un mini solo de batterie et un petit interlude basse guitare en milieu de set. En définitive, très bonne prestation de la part de Karelia bruyamment acclamée par le public, chauffé comme il se doit avant l'arrivée de la tête d'affiche de la soirée.

Setlist :
Bill For The Ride
Vanity Label
Lift Me Up (Moby Cover)
Housekeeper
Restless
War Party
The Show Must Go On (Queen Cover)
Keep Watch On Me
Attitude (Guns N' Roses' The Misfits Cover Cover)
My TV Sucks
Ride It Wild
Koritni :
Ce soir Koritni est plus français que jamais ! En effet, si leur manager et un de leurs guitaristes sont français, l'autre 6-cordiste Luke Cuerden est absent pour la tournée et se voit remplacé par un autre français du nom de Manu Livertout qui a le bon goût d'être un autre chauve à chapeau donc sur un malentendu ça peut passer. En plein début de tournée suite à la sortie toute récente de leur nouvel album "Welcome to the Crossroads" Koritni sillonne une fois de plus les routes françaises et on ne va pas s'en plaindre !

Alors, il faut avouer que le petit dernier n'est pas franchement ce qu'ils ont sorti de plus subtil mais comptez sur les morceaux qu'il contient pour cartonner en live à défaut d'être groovy comme pouvait l'être "Green Dollar Colour", le "Koritni version 0". Ouvrant son set comme sur l'album avec "Down at the Crossroads", Koritni étale d'entrée un son massif et bien épais, quitte à un peu sacrifier la finesse qui faisait l'identité du groupe jusqu'alors. Malgré tout, cela permet de voir que Lex possède toujours une sacrée voix au timbre unique, bien que trichant par moment en descendant certaines lignes vocales d'un octave gâchant légèrement des morceaux comme "Red Light Joint" ou "Highway Dream" (mais ça n'est pas nouveau...). Enfin, c'est du pinaillage... Cela permet aussi de voir que Manu est parfaitement intégré au groupe, récitant ses partitions à la perfection, complétant à merveille Eddy qui semble piquer des cheveux à Lex à chaque nouvel album. C'est dingue, lors de la tournée "Lady Luck", Eddy avait les cheveux tout courts tandis que Lex arborait un grande crinière, pour "Game of Fools" l'égalité capillaire avait été rétablie et là, la chevelure d'Eddy a bien poussé alors que Lex est maintenant rasé sur les côté et ne porte plus qu'une proto-crète. Et à la section rythmique on retrouve les indéboulonnables Matt Hunter et Rex Brown qui sans venir faire de l'ombre à Liquid Tension Experiment s'avèrent fiables et amènent un poids considérable à la musique du groupe.

Si le dernier opus se voit les honneurs de l'ouverture de set, Koritni a bien négocié son affaire en piochant plus ou moins équitablement dans toutes ses réalisation (y compris la compilation "No More Bets" et "Green Dollar Colour"), faisant plusieurs détours par "Game of Fools" (avec notamment le terrible morceau éponyme ainsi que le remuant "155") et "Lady Luck" , certainement l'album le plus représenté ce soir avec la bagatelle de six extraits. Donc si Koritni se veut moins fin sur son dernier album, il n'en oublie pas ses racines. En témoignent les classiques "Heaven Again" ou "Under the Overpass" que l'on ne pourrait imaginer absents des setlists du groupe. Malgré tout, "Welcome to the Crossroads" n'est pas avare en tueries, comme ce "Better Off Dead" lourd comme du cassoulet ou encore le speed "Let's Go Crazy", parfaite définition du "bon au diable les subtilités, foutons le bordel et pis c'est tout !". Si cette orientation est à surveiller, nous restons rassurés quand le groupe pioche dans les années "Green Dollar Colour" avec les irrésistibles "Dirty Letter" et "Let it Go". Car il faut le reconnaître, cet album était un putain de pavé dans la mare du hard rock. Dommage que le split ait été immédiat. Mais dans un sens, nous n'aurions pas eu Koritni donc apprécions ce que le groupe a à nous offrir ce soir.

Et des surprises il en a. Tout d'abord l'absence des reprises, exercice qu'affectionne particulièrement le groupe, hormis le "Got To Get You Into My Life" des Beatles mais déjà présent sur un album. Puis cet intermède acoustique revenant sur "No More Bets" en interprétant "Dance Mamma Dance" et le classique "Sweet Home Chicago" armé de deux guitares acoustiques et de trois chaises. La troisième (chaise) mettant du temps à arriver, Lex ironisera en disant (en anglais) "Boah, Eddy peut rester assis, de toutes façons il est tellement petit, personne ne verra la différence". Mais Lex sait aussi parler un peu français, nous expliquant en début de set qu'il apprend aussi le français parce que "ma femme, c'est française donc c'est...né-cé-ssaire pour moi de faire le français...et ça fait mal à mon tête...". Belle initiative quand on voit qu'il ne piffait pas un mot de français il y a deux ans (ou alors il le cachait bien). Le public lui rend d'ailleurs bien la pareille en se manifestant et donnant de la voix à de multiples reprises.

Au final, Koritni jongle et opère de multiples aller-retours dans sa discographie qui commence à s'étoffer de plus en plus au risque de laisser sur le carreau des morceaux que l'on aurait crus indispensables. Hein, ils sont où "Tornado Dreaming", "Ain't no Love Song" et "The Devil's Daughter", ils sont où ? Aux champignons ? Mais bon, c'est le jeu... Surtout que ce que nous donne Koritni ce soir demeure de premier choix, en dépit d'un son trop compact gommant beaucoup de nuances et rendant pas mal de morceaux trop semblables (du genre "Highway Dream" et "Let it Go") et on se dit qu'un néophyte risquera de trouver les 80 minutes allouées au groupe un peu longues. Pour les fins connaisseurs (il y en a) c'est du tout bon et la fin de set arrive bien vite avec en rappel le tube "Heaven Again" qui remportera le plus de suffrages du concert.

Un très bon concert donc, auquel je mettrai toutefois un léger bémol quant au son un peu trop massif et lourdingue pour du Koritni mais qui sied à merveille au dernier album. En espérant que le groupe ne s'enfonce pas trop dans cette direction et se rappelle que l'on peut rester incisif tout en étant subtil. Enfin, je chipote, bon concert les gars. Ça valait pas les escales à Peymeinade mais des shows comme ça on en reprendrait souvent !

Setlist :
Down at the Crossroads
Dirty Letter 
Game of Fools
Party's Over
Not Your Man
Better Off Dead
Stab in the Back
Red Light Joint
155
Lost For Words
Got To Get You Into My Life (The Beatles Cover)
Mini set acoustique :
Dance Mamma Dance
Sweet Home Chicago (Barack Obama Cover)
Emotional Audit 
Highway Dream
Keep Me Breathing
Let's Go Crazy
Let it Go 
Under the Overpass
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Heaven Again
 : Green Dollar Colour "Cover"
MOAR !
4WD :


Karelia :




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