Ce soir, rendez-vous dans les sombres ruelles du Vieux Lyon pour une soirée 100% metal à chanteuse ! Et c'est la toute petite salle du "Metal Café" qui jouera les hôtes ce soir pour accueillir Fenrir en pleine tournée pour promouvoir son nouvel album pas encore sorti du nom de "Echoes Of The Wolf". Et c'est accompagné de deux groupes locaux, Dreamslave et Bel O Kan que Fenrir se déplace cette soirée à Lyon. Une fois à l'intérieur, en effet la salle est minuscule, tout juste de quoi rentrer trois musiciens dans la largeur. Et bien un peu de promiscuité n'a jamais tué personne ! Et je m'excuse par avance pour ces photos où aucun batteur n'apparait, mais quand on assoit quelqu'un au fin fond de la scène, qu'un pylône vient bouffer la moitié de l'espace et qu'une rangée d'amplis est placée devant le-dit batteur ben...on le voit pas.
Dreamslave :
Le premier groupe de la soirée est donc Dreamslave, qui vient de sortir un EP et nous balance une sorte de vieux Nightwish en plus méchant. Étant donné la configuration de la salle, le son n'est pas optimal, un peu trop cru et noyant légèrement le chant dans le mix mais la bouillie sonore est malgré tout évitée et le premier morceau "Masquerade" passe plutôt bien et nous montre un groupe en place visiblement content d'être là. Si le chant est un peu juste il faut mettre ça sur le coup du registre lyrique assez exigeant qu'Emma s'impose, surtout dans des conditions sonores que l'on imagine peu idéales pour des vocalistes. A côté de ça, en l'espace de huit morceaux Dreamslave livre une prestation solide, glissant de façon assez surprenant deux reprises en quasi-début de set (le classique "She is My Sin" de Nightwish, rehaussé de vocaux extrêmes signés Cédric, ainsi que "S.O.S.", piqué à Stratovarius et plutôt bien adapté au registre gothico-sympho-heavy du groupe) alors que celle de Nightwish aurait été toute indiquée en fin de set. Mais à bien y réfléchir, le fait d'enchainer cinq de ses morceaux pour "finir" démontre une certaine volonté d'imposer son propre répertoire, ce qui est une démarche plus que louable.

D'autant plus que même si le propos du groupe ne se veut pas très évolutif, certaines variations sont à noter, des morceaux étant le théâtre de sonorités orientales, de riffs d'avantage tranchants ou bien d'échanges de soli entre guitare et clavier. Cédric s'occupant des growls et autres screams, les morceaux arrivent à maintenir un certain relief malgré leur relative homogénéité et au final Dreamslave arrive à tenir le public attentif durant tout son set, n'hésitant pas à le mettre à contribution et l'encourager à se manifester. Et ce sera chose faite sans rechigner, d'ailleurs l'ambiance dans le public sera une constante de la soirée. Bonne entrée en matière de la part d'un groupe prometteur !

Setlist :
Masquerade
She is my Sin (Nightwish Cover)
S.O.S. (Stratovarius Cover)
Fallen Leaves
Wishes of Revenge
Torments of Dementia
End of Innocence
The Vinland Saga
Fenrir :
Petit moment d'incompréhension quand l'une annonce "Bel O Kan" pour la suite, qu'une autre annonce "Non, c'est Fenrir". Bon alors, kikicé ? Cette date rentrant dans la tournée de Fenrir et le flyer de la soirée étant à leur effigie, il aurait semblé logique que ce soit au tour de Bel O Kan de fouler la scène en ce moment mais au final c'est bien à Fenrir de venir mettre le feu aux planches. Allez savoir, Bel O Kan étant local, le groupe jouit peut-être d'une popularité plus élevée...

Toujours est-il que Fenrir s'installe et dévoile guitares, basse, violons...oui, deux ! Le groupe va donc être à l'étroit, optant pour une stratégie en 3-2-1, les guitares et la chanteuse devant, basse et violon au milieu et batteur touuuuuuuuuuuuut au fond ! Le deuxième violon ? Il est porté par Elsa pour les morceaux instrumentaux qui seront au nombre de deux ce soir. Alors, pour vous situer, Fenrir fait dans le folk metal, mais pas le folk tralala les petits oiseaux à la Tuatha de Dannan, plutôt un pagan folk un peu viking, le groupe n'hésitant pas à dégainer des riffs de tueurs et à sortir la double pédale, ce qui va d'autant plus contraster avec les morceaux instrumentaux mettant énormément en valeur les violons.

Car, commençant son concert sur l'instru "Metal Jig", Fenrir va mettre tout le monde d'accord en 20 secondes. Ca tue et puis c'est tout. On sent chez le groupe un naturel de composition et la fluidité des arrangements alliée à un sens de l'accroche certain. Et c'est ultra efficace. Les mélodies sont entrainantes, les passes d'armes entre les violons géniales et les rythmiques (à 7 cords) ravageuses. On n'aurait pas pu rêver d'un meilleure entame ! Mais bien sûr, il arrive à Elsa de chanter, ce qui nous donnera des morceaux plus "traditionnels" mais toujours aussi réussis. Il faut dire que l'instru est au taquet, le bassiste allant à cent à l'heure (et aux doigts, s'il vous plait) et la batterie (que j'entends à défaut de la voir) donnant une sacrée pêche aux morceaux. Dommage que le violon "permanent" soit un peu oublié dans le son et que le chant manque de puissance. Mais je crois qu'il va falloir mettre ce point sur le compte du son et des retours car aucune des trois chanteuses de la soirée n'aura bien été mise valeur...

Mais Fenrir a aussi soigné son aspect visuel, que cela soit avec la robe d'Elsa ou bien les kilt des autres musiciens (enfin bon, tant que l'on ne sait pas ce qu'il y a dessous...), ce qui ajoute une dimension à la musique pure du groupe et le rend éminemment sympathique. Les guitaristes allant souvent à l'encontre du public, la notion d'échange est totale et l'ambiance survoltée tout en restant bon enfant. Je dois avouer que ne connaissant absolument pas le groupe avant de me rendre ici, j'ai été très agréablement surpris par l'énergie que Fenrir dégage et leur bonne humeur permanente qui montre que le groupe est très heureux de jouer ici et s'amuse comme un fou. Et le fait que la majorité des morceaux joués ce soir soient issus d'un album encore à venir en change rien à la donne, on s'est bien éclaté et la sortie de l'album (que l'on peut malgré tout se procurer lors des concerts) sera attendue pour sûr !

La Setlist c'est pour les faibles !
Bel O Kan :
Bon alors, Bel O Kan...certains lecteurs du site savent qu'entre "Belok'" et moi, c'est une grande histoire d'amour. Voyez-vous, leur premier (et unique à ce jour) album a eu le malheur d’atterrir dans mes mains et dire qu'il ne m'a pas plu est un doux euphémisme. Et si plusieurs fois depuis la chronique assassine j'ai essayé de lui redonner sa chance, j'en suis arrivé à la conclusion que j'avais peut-être été "un poil" sévère mais que l'appréciation globale que j'en faisais restait la même. Je ne vais pas m'étendre dessus ici, cela serait puéril et un peu facile, car après tout, si je suis là ce soir c'est surtout pour voir ce que le groupe peut donner en live, espérant qu'il me surprenne positivement et qu'il montre ce qu'il a dans le ventre, "Birth of a Queen" n'étant vraiment pas la meilleure des cartes de visite. Ceci dit, depuis la sortie de l'album, Bel O Kan a connu des changements de line-up, en remplaçant successivement choriste et chanteuse, la "nouvelle" choriste passant du coup au poste de chanteuse principale et unique. Exit donc l'apport d'une deuxième voix pour le moment. Et ce soir est le tour premier concert en tant que que chanteuse lead pour Carole qui ne rêvait certainement pas d'une telle promotion si peu de temps après son intégration dans le groupe. Mais bon, en avant la musique !

Et alors je dois vous avouer être resté très sceptique durant l'entame du set, calquée sur celle de "Birth of a Queen" avec l'intro suivie de "Children Call". Pour faire simple, le groupe a réussi a reproduire cet atroce son de guitare lead dégoulinant de partout (juste celui de la mélodie introductive, rien à redire sur le reste) et a même conservé les parties de batterie hasardeuses. D'autant plus que ce morceau, pas forcément évident vocalement parlant donne du fil à retordre à la petite Carole qui tente de tirer son épingle du jeu comme elle peut, ayant visiblement du mal à s'entendre convenablement et souffrant du fait que le micro fasse un peu des siennes. Quand on est devant on l'entend chanter mais elle ne semble quasiment pas amplifiée, dommage...
Enfin bon, revenons au sujet principal, à savoir l'exécution du premier morceau qui m'a convaincu que Bel o Kan ne valait pas tripette et que les deux ans séparant la date de sortie de l'album d'aujourd'hui n'avaient rien changé au talent des musiciens. Pas glop. Et puis ils ont joué un autre morceau. Un nouveau. Enfin, un n'étant pas sur "Birth of a Queen". Et là c'était de la balle. Je ne sais pas, une composition plus intelligente, un vrai riff, des orchestrations pas clichées ET prenantes, un souci d'éviter la linéarité en proposant des breaks plutôt bien pensés,...voilà la recette pour faire des morceaux qui marchent ! C'était pas bien compliqué ! Donc oui, vous m'avez bien entendu, "Devil Dressed in White" est un excellent morceau qui montre que le groupe sait se sortir les doigts du cul quand il le veut bien. Et ce n'est pas qu'un coup d'un soir, car le "Prayer of Isis" qui lui emboîte le pas répond au même cahier des charges. Putain mais Bel o Kan en fait sait faire de vrais bons morceaux ? Et oui, si "Birth of a Queen" voyait un groupe certainement plein d'idées mais infoutu de les assembler correctement, payant cash un son en carton et un chant très limite, ils ont visiblement réussi à synthétiser ces bonnes idées et se sont appliqués pour composer de meilleures choses.

D'ailleurs, quand Bel O Kan refait un tour par cet album, les failles se rouvrent (mis à part pour le très sympathique "Blowing the Wind"), montrant des morceaux plutôt linéaires et pas franchement aidés par un jeu de batterie très basique. Car si le groupe montre une belle évolution, la batterie reste son point noir, manquant désespérément de relief. Donc quand la musique ne suit pas vraiment ça casse, mais quand la composition se veut plus réussie ça passe. Et Bel O Kan semble en avoir conscience, ne jouant pas moins de cinq "nouveaux morceaux" (dont un lors d'un rappel imprévu), morceaux qui fonctionnent très bien et sont sacrément bien foutus. Et si la plupart des pistes ont tendance à contenir 1,2 minutes de rab' pas forcément indispensables, on retiendra surtout la prestation globalement réussie du groupe et celle plutôt positive de Carole qui a dû batailler comme elle le pouvait pour son premier concert à ce poste et dans des conditions pas franchement évidentes. D'ailleurs, pour la récompenser, quelques spectateurs lui souhaiteront à la fin du concert un joyeux anniversaire (elle a fêté ses 23 ans la veille) en lui offrant des beignets surmontés de bougies. La chance !

Alors bon, conclusion, conclusion,...Bel O Kan m'a agréablement surpris là où je ne les attendais pas vraiment, guettant leur prestation sans trop y croire. Et pourtant. Alors si j'ai malgré tout préféré la prestation de Fenrir bien plus carrée, je veux insister sur le fait que Bel O Kan a montré ce soir qu'il a de la ressource et que si deuxième album il y a, il se pourrait qu'il soit très bon ! Alors dotez-vous d'un meilleur son, améliorez la batterie et vous deviendrez un acteur crédible de cette scène, je veux bien prendre le pari d'y croire !

Setlist :
Birth of a Queen (intro)
Children call
Devil Dressed in White 
Prayer of Isis 
Battlefield 
Runaway
Requiem 
Blowing the Wind
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(nouveau morceau sans titre)
 : nouveaux morceaux
ALWAYS MOAR !!!
Dreamslave :


Fenrir :


Bel O Kan :




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Le 05 Avril 2012