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Heritage Hunter Tour
Lieu : Oklahoma City Reporter: Nola Date : 18-04-2012
Alors que l’Oklahoma se remet tout juste d’un week-end un peu difficile, à base de bulletins météo annonçant presque la fin du monde et des alertes tornades en plein milieu de la nuit (croyez-moi le « Seek shelter immediately! » scandé par une voix d’outre-tombe depuis des hauts-parleurs à trois heures du matin, ça réveille), le Diamond Ballroom accueille pour faire oublier ces mauvais souvenirs, deux groupes incontournables de la scène metal et un géant en devenir. Opeth, Mastodon et Ghost ont joint leurs forces pour pas moins de 31 dates depuis Portland début avril jusqu’à Atlanta mi-mai, en prenant soin de s’arrêter en terre de James Harden en cette soirée du 18 avril.

Vous le savez sans doute : Ghost je les adore (comme beaucoup de monde) ! Alors, trois mois à peine après leur tournée triomphale en tête d’affiche au pays de l’Oncle Sam, Je me précipite à Oklahoma City pour retrouver comme il se doit le groupe suédois qui revient en tant que support sur ce Heritage Hunter Tour. Preuve s’il en est (comme si on en avait encore besoin) que Opus Eponymous et ses musiciens bénéficient d’une considérable popularité. Rien de surprenant dans ce concert de Ghost. C’est encore une réussite ! Les suédois sont rodés à la tâche mais toujours impeccablement impliqués dans leur show. Ils prennent très à cœur leur rôle de chauffeurs de salle. Sans surprise donc, la foule répond très favorablement à Papa Emeritus I et à ses acolytes criant les paroles des chansons et saluant les membres du groupe avec chaleur. Le chanteur, dont la voix ne faiblit pas, joue toujours les candides et participe à rendre ce concert aussi jouissif que les précédents. Le son est plutôt bon et aucun couac n’est à signaler.

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Evidemment, la set-list est réduite par rapport à la tournée précédente laissant malheureusement « Genesis » de côté. Pas non plus de reprise de « Here Comes The Sun ». Toutefois, « Satan Prayer » et « Ritual », concluant toujours judicieusement le show, tiennent leurs rangs avec un aplomb qui ne se dément pas. « Elizabeth », ses yeux et ses riffs perçants, constituent, comme d’habitude, un morceau de choix. Bref, rien que nous ne sachions déjà. Les six morceaux passent bien trop vite et Ghost termine son concert sous les applaudissements nourris et les cris enthousiastes. A en juger par les nombreuses personnes se ruant sur le stand de merchandising à la fin du show, les Nameless Ghouls sont en train de se faire un nom !

Set-list:
Con Clavi Con Dio
Elizabeth
Prime Mover
Death Knell
Satan Prayer
Ritual

J’étais persuadée que Opeth était la tête d’affiche de la tournée et donc que Mastodon allait suivre Ghost mais, j’avais mal lu l’affiche et, à ma grande surprise, c’est Opeth qui foule les planches du Diamond Ballroom après de courtes balances, sous une douce lumière bleutée. Bon, ça arrange plutôt mes affaires parce qu’autant vous le dire tout de suite, quitte à me faire maudire sur 26 générations, Opeth c’est très très loin d’être ma tasse de thé. Je trouvais cetains albums sympathiques (Still Life et Blackwater Park notamment) mais la nouvelle orientation du groupe m’a complètement laissée sur la touche. Heritage m’a ennuyée comme jamais je ne l’aurais cru possible et j’ai tout simplement oublié Watershed. On sera plus vite débarrassé !

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J’ai fait de mon mieux toutefois pour apprécier mais globalement j’ai trouvé le concert très laborieux. Et largement soporifique. Opeth privilégie ses nouvelles compositions et, on a le droit à tous les morceaux « intellectuels » des opus récents. Du coup, il y a beaucoup trop de passages calmes dans les chansons, cela casse le rythme show. Quand le rythme s’accelère, c’est pour quelques instants seulement puis tout redevient calme et inerte. Et on baille d’ennui. Cependant, le pire n’est pas là, car, non seulement les chansons sont décousues mais le reste du concert l’est également. On dirait Opeth incapable d’enchaîner les morceaux. A la place, on a droit à 20 secondes de blanc, des tentatives de communication de la part de Mikael Akerfeld (entrecoupées elles aussi de longues pauses), et encore un blanc interminable avec le début de la chanson suivante. Le groupe semble incapable de produire un effort continu, empêchant le public de rentrer complètement dans le concert. Autre reproche : attendre 55 minutes pour avoir du growl et en avoir sur deux chansons, c’est inadmissible ! Surtout quand Mikael Akerfeld annonce le titre plus ancien de la set-list avec l’air de nous faire une faveur parce que, visiblement, si ça ne tenait qu’à lui, il aurait joué Heritage en entier, deux fois.

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Il reste toutefois, pour adoucir un peu ce report un peu acide, une fin de concert plus intéressante qui doit beaucoup aux titres joués plus dynamiques et décontractés. Mais pas que. En effet, entre les deux derniers titres, alors que nous avions droit au 20154ème discours pas très intéressant de la soirée, Mikael Akerfeld a expliqué pourquoi il avait choisi le nom d’Opeth pour le groupe : un nom de groupe avec deux syllabes c’est ce qui a de plus pratique pour les fans à scander à un concert. Et d’ajouter que crier Oklahoma City n’est pas vraiment pratique. Il demande donc à la fosse d’essayer pour voir et le public embraye directement avec « O-K-C , O-K-C » (au lieu d’Oklahoma City) qui est , vous vous en doutez, le petit surnom d’Oklahoma City. Mikael Akerfeld met quelques secondes à se rendre compte qu’il s’est fait berner et il éclate de rire. Le public tout content de lui fait de même. C’était tellement naturel et spontané que ça a donné une saveur particulière a « The Grand Conjuration ». Et puis rendons à Cesar ce qui lui appartient, il faut avouer que Mikael Akerfeld a une très belle voix. Si seulement il pouvait utiliser son growl plus souvent.

Bref, entre les longueurs et les mauvais choix de chansons, ce concert ne me réconcilie pas avec Opeth. Bien au contraire.

Set-list:
The Devil's Orchard
I Feel the Dark
Slither
Windowpane
Burden
The Lines in My Hand
Folklore
Demon of the Fall
The Grand Conjuration

Moins familière avec le dernier groupe de la soirée, je peux toutefois constater que la place de headliner du groupe américain n’est pas usurpée. En effet, le public est venu en masse supporter Mastodon et son nouvel album en date The Hunter. Ce n’est pas la première fois que je vois Mastodon en concert, la dernière fois remonte au Unholy Alliance Tour en 2008, où flanqué entre Amon Amarth et Trivium, il m’avait plongé dans la perplexité. Comme sur cd en quelque sorte, j’ai du mal à me laisser porter par leur musique mais j’étais impatiente de me refaire une opinion en live après tout ce temps.

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Mastodon a choisi l’option inverse d’Opeth. Comme en 2008, le groupe fait une économie totale de son temps de parole sur son temps de jeu et se contente d’enchaîner les morceaux sans pause. Ça fait du bien. Comme pour Opeth, Mastodon a décidé de jouer beaucoup de titres extraits de The Hunter et le moins qu’on puisse dire c’est que le public est plutôt satisfait de ce choix. Complètement porté par leur musique les musiciens jouent comme s’ils étaient seuls dans la salle. Et allez savoir pourquoi leur autisme fonctionne assez bien. Bien sûr il y a quelques longueurs mais globalement Mastodon sait mener sa barque. J’ai toujours un peu de mal de aimer tous les morceaux mais il y a un je-ne-sais-pas dans l’air qui rend la musique de Mastodon intéressante.

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Et puis il y a la fin du concert. Deux morceaux qui à eux seuls valent le détour. « Blood and Thunder » et « The Sparrow ». Joués en conclusion, l’un à la suite de l’autre, ils offrent une belle conclusion. « Blood and Thunder » est repris en chœur par tout le monde et « The Sparrow » calme les ardeurs en douceur. Puis le batteur vient nous remercier chaleureusement et le show se termine. Mastodon ne deviendra jamais mon groupe préféré mais il a su convaincre par un show impeccable et carré.

Set-list:
Black Tongue
Hand of Stone
Crystal Skull
Dry Bone Valley
Thickening
Octopus Has No Friends
Blasteroid
Stargasm
The Hunter
Crack the Skye
All the Heavy Lifting
Spectrelight
Curl of the Burl
Bedazzled Fingernails
Aqua Dementia
Blood and Thunder
The Sparrow

Une date qui valait le coup donc, si on passe sous silence la performance plus médiocre d’Opeth, evidemment.
Team Heavylaw
Eh ben quelle brutalité sur Opeth! ;-)
En tous cas merci pour ce report, et quelle chance quand même d'avoir vu ces trois groupes magnifiques en un même soir!

Le 01 Mai 2012

Membre
Mué. Déjà que moi qui ne suis pas un fan d'extrême absolu, j'avoue que lorsqu'Opeth est passé à Montpellier, je me suis un peu fait chier.
Le growl apportait une variété à la musique d'Opeth. Il y a des choses que j'aime bien dans Heritage, mais la magie du total chant clean n'opère pas comme sur Damnation.

Alors Nola râle d'avoir attendu 55 min pour avoir du growl. Je ne suis pas sûr qu'on ai eu une seule chanson à Montpellier avec du Growl à part sur A Fair Judgement un peu. Pour rappel la Setlist de Montpellier. Mais bon le choix est assumé par Opeth. Il y aura des mécontents. J'en fais partis, mais j'en ferais pas un procès à Opeth.

The Devil's Orchard
I Feel the Dark
Face of Melinda
Porcelain Heart
Nepenthe
Acoustic set
The Throat of Winter
Credence
Closure
Slither
A Fair Judgement
Hex Omega
Encore:
Folklore

Le 01 Mai 2012

Team Heavylaw
Waw, ça c'était une superbe affiche en tous cas :)

Je n'ai pas encore eu la chance de voir Opeth suite à la tournée d'Heritage, mais je peux bien comprendre ta frustration par rapport à l'attente du growl... personnellement j'ai beaucoup aimé Heritage... mais j'avoue que je serais très certainement déçue que le groupe laisse de côté ses anciens opus en concert, et le chant death qui procure tout de même une bonne part de l'intérêt de ses shows...

Le 01 Mai 2012

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