Rechercher
En ligne
  • ... Membres
  • ... Visiteurs
  •  
  • 1536 Membres
  • 3414 Chroniques
  • 16400 News
Heavy Chat
  • Chargement...
La Grande Saga Du Prog
Lieu : Reporter: Silvergm Date : 09-12-2012
Tout d'abord désolé pour le placement de cet article dans la partie report de notre site bien-aimé, lors de la V4 on pourra le déplacer.

La saga du prog ? Sur un site de metal ? Ca y est, la perspective de sa quatrième décennie lui a fait complètement fondre les plombs, le vieux Silvergm a perdu la boule. Tu vas voir qu'en septembre il nous proposera une rétro Claude François, et il aura encore le culot de nous faire croire qu'il y a un rapport entre des magnolias et 22 Acacia Avenue, et qu'on sent l'influence de Si J'Avais Un Marteau sur le dernier Hammerfall !

Je vous arrête de suite : déjà, permettez-moi de vous dire que je ne suis pas vieux, bande d'enfoirés, et que la majorité des groupes dont je vais parler étaient largement sur le déclin quand j'ai poussé mon premier vagissement. Mais je comprends vos éventuelles réticences, et je vais me charger illico presto de les évacuer.

Pourquoi une saga du prog ? Déjà parce qu'une saga, quel que soit le sujet, c'est de l'Histoire, celle de la musique en l'occurrence, et qu'on en a jamais trop. Vous serez ravis, je n'en doute pas, d'apprendre les liens unissant ELP et King Crimson, de savoir pourquoi les comptines populaires anglaises sont si importantes dans les morceaux de Jethro Tull, et de découvrir que Pink Floyd a invité le plus célèbre barde britannique à chanter sur son album le moins organique. Tout ça par un moyen original, en posant dix jalons de l'histoire du prog, pas forcément les meilleurs albums mais à mon sens les plus représentatifs. Mais je m'expliquerai plus loin sur le choix des chroniques.

Deuxième point, il me semble très clair que la musique du prog des origines sous-tend assez fréquemment de nombreux groupes chroniqués sur ce glorieux site. Moi-même, de nombreuses fois, je me suis surpris à citer Genesis ou Yes. Bien sûr, je m'occupe de prog, c'est normal, et celui qui a fait la disco d'Accept (s'il existe, loué soit-il pour son abnégation) en a sûrement moins parlé.

Et pourtant. Il y a du prog dans à peu près tout le metal. Dans Seventh Son Of A Seventh Son, il y a du prog. Dans Ride The Lightning, Grace Under Pressure, Anthems To The Welkins At Dusk, il y a du prog. Et bien évidemment dans Deliverance, When Day And Dream Unite, Ocean Machine, Bilateral ou Weather Systems. Même dans Consuming Impulse ou Blessed Are The Sick, y en a un peu. C'est dire.

image
Mais si mais si, c'est évident, ce sont des proggeux


Oui, bien sûr, on est loin de compter « à peu près tout le metal » avec cette liste même si elle est loin d'être exhaustive. Mais ça en fait déjà une bonne part. Je vais donc vous raconter l'histoire de ce style que j'adore par-dessus tous, en tentant d'être le plus objectif possible. Et je vous invite cordialement à me faire part de vos points de désaccord, car, histoire de rendre toute cette entreprise bien plus intéressante, je ne vais pas me mettre à copier des livres d'histoire. Je vais vous donner mon point de vue, mes théories, mes interprétations. Et j'espère que vous en ferez de même !

Avant de vous laisser à la lecture de l'Episode I, voici une petite introduction sur les débuts et ce que l'on appelle le proto-prog.

Vous pouvez lire beaucoup de choses sur le proto-prog, et on vous dira que Soft Machine ou Procol Harum ont inventé la poudre, et c'est sans doute vrai, mais ce n'est pas vraiment mon opinion. Ma vision des choses est simple : par émulation, créativité et facilitation grâce à l'explosion des moyens techniques, des jeunes gens ont voulu abattre les barrières musicales qui les encerclaient, en cette époque où abattre des barrières et en faire des barricades de rue était de bon ton.

Qu'ils soient Brian Wilson, Jeff Beck ou Lennon & McCartney, ces gars ont ouvert les yeux et réalisé que d'autres avant eux avaient explosé les limites de leurs genres respectifs, et ils se nommaient Igor Stravinsky, Miles Davis ou Pablo Picasso. A cette époque où la connaissance devient de moins en moins réservée à une élite, l'idée même d'explorer les styles musicaux et de faire des mélanges devient plausible. Viendra le jour où Brian Wilson, imitant les grands maîtres du classique, combinera en un seul morceau plusieurs structures rythmiques et mélodiques. Cette mini-symphonie se nomme bien sûr Good Vibrations, et ce morceau légendaire va grandement inspirer les deux géants que sont Lennon et McCartney qui vont, pour la première fois, unir leurs forces, et composer un morceau réunissant deux de leurs chansons. Je parle bien sûr de A Day In The Life, paru en juin 1967 sur Sergeant Pepper's, et on peut marquer cette date comme étant l'acte de naissance officiel du prog.

image
Les Fab Four en studio vers 1968


Les deux chansons, très différentes à l'origine, vont être habilement imbriquée au sein d'une seule structure logique, et la transition s'effectuera au moyen d'une phrase fameuse (« I'love to turn you on ») et d'un superbe maëlstrom orchestral. Ce morceau va en quelque sorte débloquer le passage et ouvrir la voie à tout ce qui va suivre, toutes les expérimentations, des plus géniales au plus pathétiques, pour le pire et le meilleur. Dans cet immense brouhaha d'idées musicales qu'est l'Angleterre de la deuxième moitié des sixties, les morceaux vont se rallonger, et on va transformer les longues improvisations en structures complexes et étudiées. Ainsi Pink Floyd, The Nice, et effectivement Soft Machine et Procol Harum vont déblayer la voie et faire place nette pour que la première œuvre majeure du prog puisse naître.

image
La Machine Molle en live


Mais il nous manque encore un élément fondamental à observer : les progrès techniques. L'apparition, dans les années 60, d'instruments comme le Moog ou le mellotron va générer l'explosion de la variété sonore disponible à l'époque. Et pour maîtriser cette variété, une solide connaissance musicale est requise, ce qui va entraîner la constitution d'un des caractères majeurs du rock progressif : il s'agit d'une musique composée et jouée par des interprètes doués, et qui sont rarement des autodidactes. D'où cette image de musique d'intellos binoclards que le punk prendra plaisir à massacrer en 76, et à raison sans doute.

image
Heureusement que Keith Emerson avait son Bac Pro Electrotechnique.


Dernier point, dernière remarque avant de vous laisser découvrir les élucubrations du roi pourpre, il y a prog, le nom, et prog, l'adjectif. Je m'explique. Space Oddity de Bowie c'est très prog, mais ce n'est pas du prog. Pareil pour Queen ou Supertramp. De nombreux groupes et styles vont inclure à certains moments certains éléments prog dans leur son sans pour autant que l'on puisse les qualifier eux-mêmes ou leur musique de rock progressif. C'est ce qui me permet d'affirmer qu'il y a du prog dans Seventh Son Of Seventh Son ou Ride The Lightning, ce qui ne veut pas dire, évidemment, que l'on puisse comparer Dave Murray à Steve Howe ou Lars Ulrich à Phil Collins, Dieu merci. Je vous laisse juges du sens exact de cette dernière phrase.

Je vous rassure, c'était le seul article long et barbant de cette saga : j'ai choisi, pour raconter cette histoire, dix albums, que je vous laisserai découvrir au fur et à mesure, no spoiler. Ce ne sont pas les dix meilleurs albums du prog comme je l'ai déjà signalé, ni-même mes dix préférés, mais dix sur lesquels il y a beaucoup à dire. Et vous constaterez avec moi, je l'espère, qu'en fait d'âge d'or du prog et de purisme die-hard, chaque groupe est plutôt unique, et aucun ne pratique vraiment la même musique, ni ne reprend exactement les mêmes codes. Cela rendra d'autant plus aisée la compréhension de la deuxième partie, quand je vous expliquerai, à l'aide de dix albums plus récents, que la pureté prog n'est pas rétro-active, et que les groupes de singes savants actuels sont plus royalistes que les rois d'antan. L'essence du prog, c'est le cross-over, le mélange des genres, le bordel organisé, la rupture avec les Saintes Ecritures. Transformer ces œuvres révolutionnaires en Tables de la Loi, voilà bien l'erreur des modernes.

Mais vous constaterez avec moi que le ver était déjà dans le fruit, et ce depuis longtemps.

Liste des albums chroniqués:

Première Partie (1969-1981)

1969: King Crimson - In The Court Of The Crimson King
1971: Jethro Tull - Aqualung
1973: Emerson, Lake & Palmer - Brain Salad Surgery
1973: Genesis - Selling England By The Pound
1973: Mike Oldfield - Tubular Bells
1973: Ange - Le Cimetière des Arlequins
1975: Pink Floyd - Wish You Were Here
1976: The Alan Parsons Project - Tales Of Mystery And Imagination
1977: Yes - Going For The One
1981: Camel - Nude
Team Heavylaw
Rien qu'avec cet article, tu me fais déjà rêver Silver. Ton parrain est fier de toi :D.

Le 19 Juin 2012

Team Heavylaw
Très chouette article :)

J'ai bien hâte de lire la suite et de voir quels albums tu vas nous proposer... histoire de renouveler un peu ma discographie ;)

Le 20 Juin 2012

Membre
Enfin on parle de prog!!!!!!! Cooooooooolll! Je passe mon temps à réécouter et à découvrir de nouveaux vieux groupes, mais aussi d'actuels!

(une ptite pub pour mon groupe de prog lyonnais : www.facebook.com/Quandide )


Le 20 Juin 2012

Membre
Article long? Quand je suis arrivé à la fin j'ai cru avoir commencé. Introduction sympathique. Le sujet est difficile car la musique rock et/ou rock prog peut être passée en rétrospective en présentant les albums, les démarches artistiques, certes. Toutefois, il faut, garder en tête le contexte historique et social duquel émerge ces compositions. Si l'on se penche sur les livres ou les documentaires qui nous expliquent la naissance du rock et qui répondent aux questions du type "Comment passe-t-on d'artistes blues à rock?", on constate en effet qu'il s'agit d'une histoire américaine à l'origine, où ségrégation (musique de blanc, musique de noir), puis guerre du vietnam tiennent le haut du pavé. L'usage des stupéfiants, la volonté de produire une musique contestataire tiennent une place importante dans le processus créatif.
Le prog, à sa manière, est une des formes qui va naître de cette époque. Merci à toi Silvergm pour ta lecture de ce mouvement/style musical qui trouve son intérêt par la tournure personnelle que tu donnes à cette saga. J'ai hâte de lire la suite.

Le 23 Juin 2012

Membre
Lire que Supertramp n'est pas prog, ca me fait bizarre étant donné que leur premier album est un classique de ce style musical et que les premiers sont quand même bien prog... Bref encore une riche idée de faire ce dossier! Cela va sans doute mobiliser les progueux comme moi (et qui cherchent la petite bête). Vive le Prog et vive Silvergm!

Le 25 Juin 2012

Heavylaw 3.6 | a propos | nous contacter | Design bannière par JP Fournier