Il n’aura pas fallut longtemps à Rhapsody pour s’imposer, en moins de trois albums les Italiens sont parvenus à renouveler le Metal Symphonique, apportant de nouvelles fondations à l’édifice, et par la même occasion un nouveau souffle salvateur à un genre en déliquescence! Mais les choses ne s’arrête pas là, car encore faut il savoir assurer son propre avenir, qui pourrait se charger gros nuages lourds. En effet le précédent opus, bien que très réussi, avait montré un Rhapsody commençant à tourner en rond, et à montrer des signes de fatigues, Qu’allait t’il advenir de nos transalpins sur ce «Power Of The Dragonflame» ? L’objectif affiché reste toujours le même, il faut sauver les terres enchantées. Seuls finalement vont changer les moyens utilisés pour y parvenir, à savoir la manière dont la bataille sera gagnée (les gentils ne perdant jamais)… car la situation est délicate, comme souvent dans toutes ces bonnes histoires à raconter au coin du feu à vos petits enfants, une soir de nuit sans lune. Toutefois pas trop jeune vos petits enfants, car ce «Power Of The Dragonflame» est sans aucun doute le plus sombre des albums du groupe, comme l’atteste la violente et ténébreuse «When Demons Awake» pierre angulaire de la nouvelle galette. Cette chanson montre très bien la légère dérive du groupe, vers un metal plus sombre et plus torturé (pas trop quand même faut pas déconner, ça reste du Rhapsody), elle avait d’ailleurs été à l’origine de l’idée du «Rhapsody In Black», qui n’a malheureusement jamais aboutie. Au niveau des forces en présence rien ne change, si ce n’est l’arrivée à la basse du français Patrice Guers (Patrick Rondat) et qui apporte un peu de renouveau dans le combo, toujours conduit d’une main de fer, par le duo Turilli/Staropoli. Les orchestrations sont plus réussies que jamais, et le travail d’orfèvre d’Alex impressionne, surtout sur la somptueuse «Gargoyles, Angels Of Darkness», la musique tire ses influences de toutes les cultures et de tous les genres, et le patchwork obtenu est d’une cohérence forçant le respect. Le tout toujours agrémenté de cette sauce épique qui donne à Rhapsody toute sa saveur (et qui d’ailleurs à toujours scindé le monde métallique en deux : les fans, et les détracteurs assoiffés de sang). Lancé à fond dans son projet solo, le sieur Turilli nous revient grandit, et nous propose des riffs plus inspirés et percutants que ce à quoi il nous avait habitué jusque là. Véloces, techniques, plus personnels, bref du grand art. On appréciera également ce son si unique, caractéristique du Transalpin, ce signal majestueux, inspirant la peur aux serviteurs du démon… Encore une fois les rennes de la production reviennent au grand Sascha Paeth, fidèle de longue date, et qui réalise encore une fois un travail magnifique, assurant même la somptueuse intro flamenco de «Gargoyles, Angels Of Darkness», subtile et riche, pleine de personnalité, une bien belle contribution. L’album en lui-même pourrait être séparé en deux parties, avec d’un côté les chansons typiquement Rhapsodienne, réalisées à la perfection, comme les très épiques «Knightrider Of Doom» et «Power Of The Dragonflame» dans la veine des anciens hits «Emerald Sword» et «Wisdom Of The Kings», on peut également cité la jouissive mais très classique «Rise From The Sea Of Flames» et la mid-tempo «The Pride Of The Tyrant» (un titre utilisant une recette connue, mais ô combien efficace, une des meilleures chansons du groupe). Et de l’autre, on retrouve les morceaux qui font de ce «Power Of The Dragonflamme» un grand album, clôturant avec brio, la première saga du groupe, avec comme cité plus haut la longue et subtile «Gargoyles, Angels Of Darkness» alliant toutes les influences du combo du haut de ses dix-neuf minutes. La puissante «The March Of The Swordmaster» et sa magnifique intro folklorique, couplée d’un refrain imparable. La furieuse et démente «When Demons Awake», l’incroyable monté en puissance de «Steelgods Of The Last Apocalypse». Et enfin la belle performance de Fabio Lione sur la seule ballade de l’album «Lamento Eroico», bien que ce titre ne casse pas des briques, Fabio y apparaît sous son meilleur jour, celui d’un grand chanteur ! Rhapsody a réussi son pari, celui de se renouveler, tout en gardant en tête cette ligne directrice imparable. Ce quatrième album des italiens est une vraie réussite, un petit bijou qui vient rejoindre «Symphony Of Enchanted Lands»au sommet de la discographie des Italiens. Puisse Rhapsody longtemps combattre les forces du mal, les démons sont repoussés ! Mais pour combien de temps ? L’album est disponible en version limitée avec un DVD regroupant tous les clips du groupe depuis le début, idéal si vous voulez vous dérouillez les zygomatiques un bon coup. N’abusez pas toutefois, ce n’est pas bon pour la santé ! SMAUG...
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